Train d’enfer pour Ange rouge – Franck Thilliez

Bonjour bonjour à vous qui me lisez! Je vous avais parlé du roman « 1991 » dans un précédent article, c’était la première fois que je posais les yeux sur un roman de Franck Thilliez, sans trop savoir qu’il s’agissait en réalité d’une préquelle à la série des « Sharko ». C’est assez naturellement que je me suis donc décidée à lire le reste de la série et dans le bon ordre cette fois-ci! Voici donc mes impressions sur le tout premier tome de la série, qui soyons honnête, est beaucoup moins tendre que 1991

Éditeur : Pocket
Publication originale : 2003
Genre : Thriller, Policier
Nombre de pages : 448

Un cadavre en morceaux artistiquement répartis est retrouvé aux environs de Paris. La victime a été décapitée et son corps martyrisé a fait l'objet d'une mise en scène défiant l'imagination.

Le commissaire Franck Sharko est dépêché sur les lieux. Les ténèbres, il connaît : sa femme a disparu depuis six mois. Aucun signe de vie, aucune demande de rançon. Et cette nouvelle affaire, en réveillant le flic qui dormait en lui, va l'emmener au cœur de la nuit, loin, beaucoup trop loin…

Le ton est donné dés les premières pages du roman, l’ambiance y est grise, lourde voire glauque et nous y retrouvons un Sharko désabusé que presque rien ne choque. Dans cette enquête, notre personnage principal se retrouve confronté à un tueur sadique mettant les corps de ses victimes en scène de manière aussi spectaculaire que crue. Les descriptions étant tellement précises qu’il est parfois difficile de les lire. J’ai été frappée par la différence d’ambiance entre 1991 et Train d’Enfer pour Ange rouge et agréablement surprise de découvrir l’univers macabre de Franck Thilliez. C’est une enquête qui se lit d’une traite qui tantôt nous fait retenir notre souffle, tantôt nous plonge dans l’effroi le plus complet, pour dire les choses telles quelles sont, c’est un roman dont on ne ressort pas indemne.

Globalement, j’ai trouvé que ce roman était parfois maladroit tant au niveau des descriptions que dans la psyché des personnages (et il y en a pas mal). Je suis contente d’être entrée dans l’univers de Sharko par le biais de 1991 car cela m’a permis de me donner une meilleure idée de qui il pouvait être. Soyons honnête, la claque qu’on se prend lorsqu’on réalise au début du roman que sa femme, qu’on a appris à aimer, est portée disparue depuis des mois, est assez phénoménale.

Si j’ai appris quelque chose durant la lecture de Train d’Enfer pour Ange rouge, c’est que Thilliez prend un malin plaisir à malmener ses personnages. Cette cruauté gratuite est intéressante car elle a le mérite de faire monter la tension et de nous rendre légèrement parano (que va t’il donc lui arriver ensuite?!) mais le revers de la médaille, c’est qu’on fini par se forger une carapace jusqu’à devenir insensible. C’est ce qu’il m’est arrivé vers la fin du roman, je m’attendais à tout et j’étais prête au pire, à un tel point que le dernier quart du livre ne m’a ni surprise, ni émue, ce qui est un peu dommage. Devant tant d’horreur, je suppose que mon cerveau a décidé de couper le robinet des émotions afin de préserver mon petit cœur tout mou, ça vous donne idée du niveau de monstruosité que vous lirez dans ce roman. Ne dites pas que je ne vous avais pas prévenu.e.s…

Les personnages de Train d’Enfer pour Ange rouge s’ils savaient ce qui les attendait

Sótt – Ragnar Jónasson

Je vous en avais déjà parlé avec Snjór et Nátt et me voici avec le troisième opus des enquêtes de Siglufjördur, de l’auteur de polar Islandais Ragnar Jónasson. Pour celleux qui me rejoignent, l’histoire se déroule dans la petite ville de Siglufjördur, en Islande où, parait-il, rien ne se produit jamais. On y retrouve l’inspecteur Ari Thor, désormais installé dans la ville depuis plusieurs mois et la journalise Isrun, vivant à Reykjavik. Comme dans le tome précédant, nous suivons plusieurs enquêtes à la fois mais cette fois-ci, Ari Thor et Isrun travailleront ensemble sur un dossier datant des années 50.

Éditeur : Points
Publication originale : 2018
Genre : Thriller, Policier, Mystère
Nombre de pages : 360

Une épidémie s'abat sur Siglufjördur. La ville est mise en quarantaine. Les premières victimes succombent, les médias s'emparent du sujet : c'est la panique. L'inspecteur Ari Thór est pris par un terrible sentiment de claustrophobie. Lorsqu'un cold case vieux de cinquante ans refait surface, il saisit l'occasion pour échapper à cette atmosphère oppressante. Mais le huis clos se referme sur ce petit village du grand nord de l'Islande.

Ce qui est intéressant avec Sótt, c’est son rythme et sa temporalité. On se retrouve à la fois dans une situation figée suite à une épidémie dans la ville de Siglufjördur, le tourbillon médiatique qui régit la vie d’Isrun et l’ambiance inquiétante d’une histoire vieille de plus de 50 ans. On est au final bien loin des romans qui nous font retenir notre souffle, dans l’attente d’une révélation.

J’ai tout de même apprécié l’histoire et l’ambiance présente dans le livre, que j’ai trouvée presque poétique par moments. Je me suis facilement laissée emporter par les descriptions, me suis retrouvée à visualiser les lieux et les personnes, j’y étais et j’ai aimé ça.

Le rythme du cold case m’a imposé une lecture plus lente, savourée chapitre par chapitre tandis que l’histoire d’Isrun ajoutait un peu de piment et d’urgence, ce qui était tout de même nécessaire. Je n’ai pas l’habitude de lire des polars aussi « calmes », préférant habituellement le glauque et le macabre mais c’est quelque chose que je me surprend à aimer et qui fait de Ragnar Jónasson un auteur intéressant à mes yeux.

1991 – Franck Thilliez

Je vous présente aujourd’hui un livre qui ne vient cocher aucune catégorie dans un challenge de lecture, choquant n’est-ce pas? Ce qui m’a donné envie de me lancer dans 1991 de Franck Thilliez, c’est une lectrice de Babelio participant à l’Astro Book Challenge qui n’était pas sûre de pouvoir le placer dans le thème vaudou. Après une brève recherche sur le livre, j’ai tout simplement eu envie de le lire, tout ça pour apprendre quelques jours plus tard qu’une de mes amie witch adorait l’auteur. Il ne m’en fallait pas plus que ça, j’étais déjà embarquée.

Editeur : Fleuve
Publication originale : 2021
Genre : Thriller, Policier
Nombre de pages : 504

En décembre 1991, quand Franck Sharko, tout juste sorti de l'école des inspecteurs, débarque au 36 quai des Orfèvres, on le conduit aux archives où il est chargé de reprendre l'affaire des Disparues du Sud parisien. L'état des lieux est simple : entre 1986 et 1989, trois femmes ont été enlevées, puis retrouvées dans des champs, violées et frappées de multiples coups de couteau. Depuis, malgré des centaines de convocations, de nuits blanches, de procès-verbaux, le prédateur court toujours. Sharko consacre tout son temps à ce dossier, jusqu'à ce soir où un homme paniqué frappe à la porte du 36. Il vient d'entrer en possession d'une photo figurant une femme couchée dans un lit, les mains attachées aux montants, la tête enfoncée dans un sac. Une photo derrière laquelle a été notée une adresse, et qui va entraîner le jeune inspecteur dans une enquête qui dépassera tout ce qu'il a pu imaginer...

Comme à mon habitude, je me suis lancée dans la lecture de 1991 la tête la première sans même me renseigner sur son auteur où ce que celui-ci avait bien pu écrire auparavant. Fort heureusement pour moi, 1991 est en réalité une préquelle dans la série des enquêtes de Sharko, je l’ai échappé belle. Si le nom de Sharko m’était familier, je n’avais aucune idée que celui-ci était présent dans 11 autres romans, que je vais m’empresser de lire au plus vite.

J’ai été directement séduite par le style de Franck Thilliez, que je découvrais pour la première fois. L’ambiance est installée en quelques lignes et on sait directement que l’histoire qu’on s’apprête à lire ne sera pas toute rose. Dés le début, une aura de mystère et de magie plane au dessus du récit et se heurte à la dure réalité des policiers du 36 quai des Orfèvres, des détails sordides et au froid de l’hiver qui accompagne le récit.

Ce qui fait la particularité de l’histoire, c’est que celle-ci se déroule dans les années 90, époque où la technologie s’implantait peu à peu dans les services administratifs. Nous nous retrouvons donc avec une enquête qu’il faut résoudre « à l’ancienne », à coups de recherches fastidieuses et données difficiles à obtenir. La communication entre les personnages est elle aussi impactée, on s’envoie encore des nouvelles par fax et les téléphones ne sont pas portables, ce qui jouera quelques tours à notre protagoniste. Je me suis amusée devant mes propres réactions, allant de la consternation à la frustration devant ces contraintes qui nous semblent inconcevables aujourd’hui.

Bien que l’action se déroule il y a 30 ans, le thème principal n’en est pas moins moderne. Je n’ai donc eu aucun mal à deviner ce à quoi notre assassin pouvait ressembler et ce qui avait bien pu déclencher cette série de meurtre. J’ai trouvé que l’angle utilisé était intéressant et relativement bien traité. J’ai été particulièrement absorbée par la description de certains quartiers de Paris et les rites vaudous qui ajoutent une atmosphère inquiétante à l’enquête. Je ne sais pas pour vous, mais la bokor m’a terrifiée! C’est une histoire bien ficelée qui se lit avec avidité, je pense que Mr Thilliez a désormais une nouvelle adepte.

Ma réaction à chaque fois qu’on parlait de la bokor

Relic – Preston & Child

Voici un livre qui se trouve dans ma pàl depuis plusieurs années! Chaudement recommandé par ma vénérée maman, le duo Preston & Child réuni tous les éléments pour me plaire : une part de surnaturel, du suspense, une enquête policière et un pied dans l’univers de l’histoire de l’art. J’ai donc décidé de commencer mon aventure par le tout premier tome du cycle « Pendergast » (l’enquêteur) : Relic ou Superstition dont la trame principale se déroule dans le Muséum d’Histoire Naturelle de New York. 

Ce roman me permet de valider la catégorie « C’est la loi de la jungle » du menu « La magie des plantes » de l’Astro Book Challenge pour les thèmes Animaux et Civilisation ancienne. J’ai longuement hésité sur les thèmes que j’allais valider avec Relic car l’histoire se déroule en deux temps mais je pense avoir fait les bons choix 👀.

Éditeur : J’ai Lu
Publication originale : 1995
Genre : Policier, Thriller
Nombre de pages : 544

Une équipe d'archéologues massacrée en pleine jungle amazonienne… Les caisses contenant leurs découvertes acheminées au Muséum d'histoire naturelle de New York… et oubliées dans un sous-sol. Meurtres au Muséum d'histoire naturelle de New York. Quelques années plus tard, le musée annonce une exposition consacrée aux superstitions et croyances mystérieuses des peuples primitifs. Mais les préparatifs sont troublés par une série de crimes aussi sanglants qu'inexplicables.
Le criminel : un homme ou une entité inconnue ? Une menace terrifiante hante les couloirs et les salles du Muséum, un meurtrier d'une force et d'une férocité inouïes. On parle même d'un monstre. De quoi éveiller la curiosité d'Aloysius Pendergast, du FBI, expert en crimes rituels…

Pour commencer, je tenais à dire que mon cœur d’Historienne de l’Art a été comblé à plus d’un titre durant la lecture de ce roman. Ce n’est pas tout les jours que je retrouve un semblant de mes cours d’anthropologie et l’ambiance des musées que je fréquente habituellement dans la fiction. J’ai été transportée dans les couloirs du musée en une fraction de secondes, y reconnaissant ses salles, que j’ai eu la chance de visiter et en souriant devant la description des bureaux et des coulisses du musée, si semblables à ce que j’ai pu connaître dans ma Belgique natale (coucou le MRAC!). Je me suis demandée comment les auteurs étaient parvenus à rendre le Musée si palpable dans le roman et j’ai découvert que Douglas Preston y a travaillé pendant près de 8 ans (comme dirait l’autre : « aaaaaah! »).

Moralité, toujours contextualiser les objets issus de fouilles!
Sinon, c’est le zbeul, vous êtes prévenu.e.s.

J’ai réellement adoré l’histoire, que j’ai trouvée bien ficelée. Il existe de nombreux fils rouges et temporalités différentes et pourtant, je ne me suis pas sentie perdue et n’ai eu aucun mal à faire les liens entre les différents morceaux du puzzle. Ce qui m’a un peu perdue, ce sont les personnages, que j’avais tendance à confondre (oups).

Ceux que j’ai bien identifié m’ont par contre beaucoup touchée et je m’y suis rapidement attachée. Les personnages principaux sont complexes et leur histoire est suffisamment développée pour que leurs motivations nous paraissent cohérentes. Le seul personnage un peu mystérieux étant le fameux Pendergast, qui ne manque cependant pas de fasciner. C’est une lecture à la fois dense et palpitante, j’ai retenu ma respiration plus d’une fois ou me suis réfugiée sous les couvertures en me rongeant les ongles lorsque le suspense devenait insupportable. En d’autres mots, ce bouquin m’a réellement fait l’effet de montagnes russes émotionnelles!