Moi les hommes, je les déteste – Pauline Harmange

Aujourd’hui je viens vous parler de cette petite pépite que je viens de terminer : Moi les hommes, je les déteste de Pauline Harmange. Je n’avais pas prévu de le lire dans le cadre de l’Astro Book Challenge à la base mais je trouve qu’il a parfaitement sa place dans la catégorie « le chaudron de la sorcière » du menu « la magie des plantes » pour les thèmes : féminisme et autrice.

Éditeur : Seuil
Publication : 2020
Genre : essai, féministe, militant, développement personnel
Nombre de pages : 90

" Je vois dans la misandrie une porte de sortie. Une manière d'exister en dehors du passage clouté, une manière de dire non à chaque respiration. Détester les hommes, en tant que groupe social et souvent en tant qu'individus aussi, m'apporte beaucoup de joie – et pas seulement parce que je suis une vieille sorcière folle à chats. Si on devenait toutes misandres, on pourrait former une grande et belle sarabande. On se rendrait compte (et ce serait peut-être un peu douloureux au début) qu'on n'a vraiment pas besoin des hommes. On pourrait, je crois, libérer un pouvoir insoupçonné : celui, en planant très loin au-dessus du regard des hommes et des exigences masculines, de nous révéler à nous-mêmes. "

Avec Moi les hommes, je les déteste, je me lance pour la première fois dans la lecture d’un essai féministe. Je sors donc complètement des sentiers battus et je vous dévoile la face militante de ma personnalité. Dévoreuse de livres, sorcière et féministe! Cela vous surprend il vraiment? 

Pour la petite histoire, cet essais a été publié cet été pour être assez rapidement menacé d’interdiction (article à ce sujet ici). Suite à son succès et les ruptures de stock, il a finalement été réédité par les éditions Seuil et vous pouvez à nouveau le trouver en librairie. Il y a également pas mal de soucis sur les réseaux sociaux, les nombreux comptes féministes qui en parlaient voyaient en effet leurs publications se faire supprimer pour non respect des règles (article ici). Alors oui, le titre est choquant mais je pense qu’avant de crier au scandale, la moindre des choses serait peut-être de lire le livre. Je doute que la majorité des personnes scandalisées (je vous laisse deviner à quel groupe elles appartiennent) aient pris le temps de le faire et c’est bien dommage.

J’étais très intriguée par ce livre, j’avais un peu peur de me retrouver dés les premières ligne avec une explication bancale telle que : « Alors non, je ne déteste pas les hommes MAIS » et de m’être fait avoir. Mais j’ai très vite été rassurée car l’autrice y développe bel et bien son point de vue, propose une définition et une réflexion sur la misandrie. Pour moi, le véritable point fort est que cet ouvrage est accessible à tous. L’écriture n’est pas prétentieuse et ne s’encombre pas de termes qui pourraient « perdre » les personnes qui n’ont jamais été confrontées au milieu militant. C’est également un tout petit essai, il fait 90 pages et se lit en l’espace d’une heure. Aucune excuse donc pour ne pas le lire et le partager à toutes les personnes de votre entourage. Si on est déjà plongé.e dans le milieu, il est vrai qu’on apprendra pas grand chose de nouveau, par contre, on aura quelques cordes en plus à notre arc pour discuter du sujet, ce qui est tout de même précieux.

Dés les premières phrases, je me suis directement retrouvée à hocher la tête à chaque phrase, rire aux éclats ou étouffer un ricanement pour ne pas me faire regarder de travers par mes collègues. Les idées sont claires et exposées avec finesse tandis que les arguments sont bien développés et sourcés. L’autrice donne énormément d’exemples, parfois graves avec une point de sarcasme et d’humour, rendant la lecteur très agréable. Je m’y suis énormément retrouvée et ça m’a aidée à mieux identifier et comprendre certains événements et cas de figure qui me dérangeaient sans trop savoir expliquer pourquoi. C’est, à mon sens un livre à mettre entre toutes les mains car il permet d’ouvrir la parole et de déconstruire efficacement le sexisme. On y ressent le côté exutoire et la colère de l’autrice sans n’y ressentir aucune violence et, en tant que femme, ça m’a permis de déculpabiliser sur de nombreux points. Bref, ce n’est pas non plus un essai parfait (qui l’est?) mais j’ai eu un gros coup de cœur et je valide à 100%.

Pour aller plus loin

  • Le blog de Pauline Harmange : https://uninvincibleete.com
  • CANAL, Maria N. « Colette Pipon : Et on tuera tous les affreux. Le féminisme au risque de la misandrie (1970-1980) [1] », Nouvelles Questions Féministes, vol. vol. 36, no. 1, 2017, pp. 122-125.
  • GROULT Benoîte. in MONTREYNAUD Florence, Le Féminisme n’a jamais tué personne, Québec, Les grandes conférences, 2004, p. 11.
  • JACQUEMART, Alban. « Les hommes dans les mouvements féministes. Sociohistoire d’un engagement improbable », Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015, coll. « Archives du féminisme », 326 p.
  • KAUFER, Irène. « Haine des hommes », La Revue Nouvelle, vol. 5, no. 5, 2020, pp. 49-53.
  • PIPON, Colette. « Et on tuera tous les affreux. Le féminisme au risque de la misandrie (1970-1980) », Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Mnémosyne », 2013, 239 p.
  • PIPON Colette. « Alban Jacquemart, Les hommes dans les mouvements féministes. Sociohistoire d’un engagement improbable », Clio. Femmes, Genre, Histoire [En ligne], 42 | 2015, 42 | 2015, 316-316.

Witch Please – Jack Parker

Voici l’arrivée du premier livre « witchy » sur ce blog! Lorsque que j’ai vu que Taous Merakchi (alias Jack Parker) avait sortit un grimoire de sorcière moderne : Witch Please, j’ai n’ai pu résister très longtemps. J’ai fini par acheter la version poche, plus en adéquation avec mon petit budget mais je bave toujours devant l’édition de Pygmalion qui est juste magnifique.  Les illustrations qu’on retrouve à l’intérieur et en couverture du bouquin sont de Diglee, allez checker son insta de temps en temps, elle fait des choses fantastiques. J’ai donc lié la lecture de cette petite pépite avec mon Astro Book Challenge (vous l’aviez vu venir hein), il vient valider la catégorie « Né.e sous une bonne étoile » du menu « Les signes du destin » pour les thèmes : spiritualité et développement personnel. 

Éditeur : Pygmalion
Publication : 2019
Genre : ésotérisme, spiritualité, développement personnel
Nombre de pages : 254

Un nouveau mouvement est en pleine expansion : celui de la sorcellerie moderne. Celle qui s'adapte au monde dans lequel nous vivons, aux changements de la société, des mentalités, aux nouvelles générations qui sont en train, doucement mais sûrement, de modifier complètement la face du monde. La sorcellerie est un moyen de rendre sa vie plus chouette, de reprendre le pouvoir, d'agir sur tout un tas de choses. Pourquoi ça ne devrait être réservé qu'à une élite ? Cet ouvrage est un point de départ. Je vais vous donner des clés, des pistes, des idées et ce sera à vous d'en faire ce que vous voudrez pour adapter votre pratique à votre personnalité.

Vous aviez peut-être déjà croisé « Jack Parker » au détour d’un article de Madmoizelle ou via la newsletter « Witch, please » qu’elle postait il y a de ça quelques années. Vous vous doutez bien que c’est via ces newsletter que j’ai connu Taous Merakchi et sa manière si caractéristique de partager son art. Comme indiqué sur la couverture, ce n’est pas vraiment un roman mais bien un grimoire de sorcellerie moderne que nous propose l’autrice. Ça faisait longtemps que je ne l’avais plus lue et j’ai redécouvert son style avec bonheur, ce n’est pas le genre de manuel dans lequel on s’attarde sur des manières et les choses sont dites telles qu’elles sont et avec humour. 

Ce qui m’a le plus amusée dans cet ouvrage ce sont les similitudes que je partage avec Taous dans mon approche de la sorcellerie. Elle y donne les clefs et astuces pour se lancer tout en encourageant chaque personne à définir son propre style, ce que je trouve vraiment important. Le ton y est bienveillant et dénué de jugement tandis que les conseils, recettes et autres données utiles raviront les witch débutant.es. Vous y trouverez par exemple des tables de correspondance, la description modernisée des sabbats et des idées pour créer votre grimoire.

Personnellement, je l’utilise comme aide-mémoire, un peu comme un outil même lorsque je veux vérifier quelque chose mais j’y ai également découvert des pratiques que je n’avais pas envisagées ainsi que des chemins que je n’avais jamais osé emprunter. 

En définitive, si la sorcellerie vous intrigue ou que vous vous considérez un tant soit peu witchy, ce livre sera une précieuse addition à votre bibliothèque!

Les hommes qui n’aimaient pas les femmes – Stieg Larsson

Afin de commencer le mois de février avec panache, j’ai décidé de m’attaquer à Millénium, tome 1 : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes de Stieg Larsson. Il vient valider les thèmes : policier et thriller de la catégorie « Mes amis de l’au-delà » du menu « L’art de la divination » de l’Astro Book Challenge.

Éditeur : Actes Sud
Publication : 2005
Genre : Policier, thriller, suspense
Nombre de pages : 574

Contraint d'abandonner son poste de rédacteur pour avoir diffamé un requin de la finance, Mikael Blomkvist est bientôt associé à Lisbeth Salander, jeune femme rebelle et fouineuse, pour travailler avec Henrik Vanger, un industriel désireux de faire la lumière sur la disparition, vieille de plus de trente ans, de sa petite nièce, au cours d'une réunion familiale...

Je me souviens avoir tenté de le lire du haut de mes 16 ans, époque où je subtilisais tous les livres de ma maman pour les lire à mon tour. Je n’avais alors pas dépassé les 50 premières pages, je trouvais que c’était trop lent et je n’arrivais pas à « rentrer dedans ». Il y a eu une véritable hype autour de Millénium à l’époque de sa sortie, il a même été adapté au cinéma et je dois dire que ça m’est complètement passé au dessus de la tête. J’ai donc décidé de redonner sa chance à ce livre en trichant un peu.. Je l’ai commencé sous la forme d’audiobook, le temps qu’il fallait pour « accrocher » pour finalement le terminer de manière plus classique. 

C’est assez compliqué de parler de Millénium car il y a énormément de thèmes, intrigues et personnages à suivre. Le rythme est très lent, l’auteur prenant bien son temps pour planter le décor, travailler ses personnages et ficeler son intrigue. Au début, on suit surtout les histoires respectives de Mikael et Lisbeth (et ensuite la famille Vanger), jusqu’à ce qu’ils se rencontrent et travaillent ensemble, vers le milieu du roman. On navigue donc entre plusieurs fils rouges avec non pas un mais plusieurs mystères à résoudre. J’ai beaucoup aimé la façon dont toutes les pièces du puzzle s’emboitaient et je n’ai pas été choquée outre mesure par les explications données, bien qu’un peu tirées par les cheveux. Je ne recherchais pas à tout prix une explication vraisemblable et les personnages agissaient conformément à ce qu’on attendait d’eux. Tout est très bien ficelé et l’univers, les lieux et les personnages personnages sont presque palpables tant ils sont bien décrit. 

Certaines thématiques sont très dures, il y a beaucoup de violence (notamment envers les femmes, le titre ne laisse pas de doute là-dessus) et il est assez malheureux de constater que les sordides pourcentages quant aux maltraitances envers les femmes présentés en début de chapitre non plus rien d’étonnant aujourd’hui. Le roman a au moins le mérite de traiter et de dénoncer des sujets qui sont encore tabou aujourd’hui, même si la parole se libère de plus en plus. Il y a évidemment des points noirs et des maladresses. Par exemple, les personnages qui commettent des violences sont présentés comme déviants et malades, ce qui encourage les images de violeurs fou et autres détraqués sexuels. Spoiler alert, dans la vraie vie, il n’y a pas que les malades qui violent et violentent et ça m’a dérangée de voir perpétrer ce genre de préjugés dangereux. Je me dis néanmoins que pour un livre publié en 2005, c’est déjà une grande avancée d’avoir un personnage principal comme Lisbeth Salander qui à mon sens est la véritable force de ce livre. 

Ça n’aura pas été facile de digérer et commenter ce livre mais je suis contente de m’être motivée et de l’avoir lu. J’ai au final beaucoup aimé et je lirai les deux autres tomes à l’occasion. 

Autre-Monde : Genèse – Maxime Chattam

Je continue sur ma lancée de l’Astro Book Challenge avec une lecture qui est le résultat d’un long processus et d’une série débutée il y a 13 ans. Je valide donc la catégorie « Il est tombé dedans quand il était petit du menu La magie des plantes avec le septième tome de la série « Autre-Monde » de Maxime Chattam : Genèse.

Éditeur : Albin Michel
Publication : 2016
Genre : Fantastique, science-fiction, aventure
Nombre de pages : 736

Je suis une grande fan de Maxime Chattam et je pré-commande en général chacun de ses romans pour les dévorer dans les jours qui suivent leur réception. J’ai donc commencé Autre-Monde : l’Alliance des trois en 2008, lors de sa sortie. J’avais alors 18 ans et j’avais encore un pied dans le monde des Pans, qu’on découvre dans les livres. J’ai vraiment adoré de découvrir ce qu’il s’était passé durant la Tempête, les changements de la Terre et la dynamique du trio de personnages principaux. Les trois premiers bouquins m’avaient vraiment envoutée et j’avais hâte de découvrir la suite lorsque l’auteur l’a annoncée. L’aventure débutant aux Etats-Unis, j’étais très curieuse de savoir ce qu’il s’était passé dans le reste du monde. Force est de constater que les autres tomes ne m’ont pas autant fascinée et je me suis un peu désintéressée de l’intrigue. Je voulais par conséquent relire la série dans son entièreté avant de la terminer, je m’y suis essayée plusieurs fois et j’ai ainsi relu la trilogie initiale sans trouver le courage de continuer. Après cinq années passées dans le déni, j’étais fin prête à dire au revoir aux personnages et ai enfin décidé d’attaquer le dernier tome d’Autre-Monde.

Si vous ne connaissez pas l’Univers d’Autre-Monde ou que vous n’en avez jamais entendu parler, c’est un livre d’anticipation et science-fiction / fantastique dont les personnages principaux sont des adolescents et enfants. C’est une série de 7 tomes, publiés sur 8 années. Du jour au lendemain, une Tempête a fait disparaitre les adultes et la nature a repris ses droits… Nous suivons donc l’histoire de Matt et Tobias depuis les événements précédant la Tempête et leurs tentatives de survie dans ce nouveau monde, peuplés de créatures peu commodes. Vous vous en doutez, les deux amis finiront par découvrir qu’un ennemi les menaces…

Les six autres tomes de la série

Pour commencer, je n’ai pas aimé Genèse et ce pour plusieurs raisons. La première étant que l’explication donnée aux événements des premier tomes ne m’a pas convaincue, à mon sens, elle se repose sur une vision du monde plus actuelle que la période à laquelle se produisent les événements du tome 1 (en 2008 donc). Il me semble peu probable que certains discours ayant lieu dans le tome 7 (publié en 2016) aient été prévus lors de la publication des trois premiers tomes, avant 2010. De plus, en y réfléchissant bien, certains détails ne collent pas à ce qui a été décrit  et expliqué auparavant et quelques explications sont floues et parsemées de « je ne sais quoi » qui semblent combler les lacunes et incohérences. Pour le reste, on se contentera de mettre ça sur le dos des mystères du monde, ce que j’ai trouvé assez dommage et facile. On découvre « la vérité » après le premier quart du livre et ça n’a pas arrêté de me déranger tout au long de la lecture. Chaque argument venant étayer la théorie me semblait plus incohérent que l’autre. 

La seconde raison est un peu plus dérangeante à mon sens, il s’agit du traitement des personnages et de certaines interactions. J’ai trouvé que l’écriture avait une vision très masculine et qu’elle basculait parfois dans du sexisme gratuit. Même dans ce monde réinventé, les filles et femmes sont réduites au second plan et perçues comme des objets sexuels. C’est quelque chose qui m’a profondément agacée, les « méchants » en ont forcément après les jupes des filles, que les garçons voudront à tout prix protéger. Aussi, s’en suit une vision de la sexualité assez désuète, si on s’en tient au message du livre, faire l’amour c’est perdre son innocence, sa virginité. Pour ma part, je trouve de base que la notion de virginité est ridicule et la façon dont elle est présentée dans le livre n’arrange rien. On est bercé dans une sorte de puritanisme où il faut faire l’amour avec des sentiments sinon on est un sale crado d’adulte qui ne vit que pour le vice. Franchement, je n’adhère pas trop à ce genre de message.

Enfin, le dernier point qui m’a vraiment dérangée : la fin. C’est tellement prévisible que je l’ai devinée tout de suite. J’aime être surprise et pour le coup, c’était vraiment raté. Le bouquin m’a paru trop long sur certains passages vraiment pas passionnant et s’emballe sur la fin, ne laissant que très peu de temps pour assimiler tout ce qu’il se passe. J’étais un peu dépitée par la chute, mais pas surprise.

Au final, j’étais globalement plus intéressée par des détails et intrigues qui sont restés en suspens que par la quête principale. J’espérais qu’elle se termine suffisamment tôt dans le livre, histoire de découvrir « l’après » et avoir l’occasion d’aller plus loin dans la découverte de cet Autre-Monde. Malheureusement, je resterai sur ma faim mais je suis quand même satisfaite d’avoir terminé cette aventure. L’ensemble de la série m’a quand-même plu malgré tout ces points noirs et j’ai aimé retrouver les personnages après de si longues années. Je râle beaucoup mais au final, c’était plutôt pas mal. Peut-être suis-je devenue trop Matur pour apprécier pleinement cette fin… à méditer.