Deuils de miels – Franck Thilliez

Ça faisait longtemps que je ne vous avais plus parlé d’un Franck Thilliez! Je continue mon petit bout de chemin avec cet auteur monstruement cruel et les aventures de Sharko. Voici donc le 3ème tome de la série (mais le second avec le personnage de Sharko) qui s’annonce d’emblée très sombre. En toute honnêteté, j’ai eu beaucoup de mal à terminer Deuils de miel et j’ai été très déçue du développement de l’enquête.

Éditeur : Pocket
Publication originale : 2006
Genre : Thriller, Policier
Nombre de pages : 352

Une femme est retrouvée morte, agenouillée, nue, entièrement rasée dans une église. Sans blessures apparentes, ses organes ont comme implosé. Pour le commissaire Sharko, déjà détruit par sa vie personnelle, cette enquête ne ressemblera à aucune autre, car elle va l'entraîner au plus profond de l'âme humaine : celle du tueur… et la sienne.

Je me doutais que quelque chose de lugubre avait du arriver à Sharko, c’était à mon sens l’unique raison de le faire retourner au quai des Orfèvres. Je ne m’attendais par contre pas à autant de cruauté, j’ai même trouvé ça « trop simple » et trop méchant.

Je n’aime pas quand l’horreur est poussée uniquement pour justifier l’état psychologique instable d’un personnage et ce pour plusieurs raisons. Je trouve que c’est un raccourci facile à faire lorsqu’on traite de santé mentale : « si le personnage est instable, c’est parce qu’il a vécu l’horreur », c’est réducteur et je trouve ça dommage. Dans ce cas-ci, j’ai vraiment trouvé que le traumatisme initial était déjà suffisant et que la tragédie que Sharko vit n’était qu’un simple prétexte pour s’enfoncer d’autant plus dans un contexte horrifique.

En ce qui concerne l’enquête, j’ai été intriguée dés les premières lignes et j’étais très curieuse d’en savoir plus. J’ai trouvé que les différentes mises en scènes et indices laissés par le tueur étaient vraiment bien ficelés, une véritable course contre la montre. Ce qui m’a par contre beaucoup surprise, c’était la chute et la révélation finale que j’ai trouvé complètement capillotractée. J’ai tout de même apprécié ma lecture mais je dois avouer qu’elle m’a un peu refroidie pour la suite.

PAC : Bilan des lectures de Septembre

Bonjour à vous qui me lisez! Me revoici avec un tout nouveau format d’article, qui j’espère fera ses preuves. Je vous avais parlé du Pumpkin Autumn Challenge 🍁🎃 au début du mois de septembre et plutôt que de publier une à une mes « critiques », j’ai décidé de les compiler dans un seul et unique article qui servira de bilan mensuel pour le challenge. Je n’ai en effet pas chômé durant ce mois de septembre, je me suis mise à dévorer les livres plus vite que mon ombre. Mon secret? Des vacances évidemment! Rien n’est plus efficace qu’une session à la plage pour plonger la tête première dans les bouquins! Je vous parlerai donc ici des livres qui ont rythmé mon mois de septembre, m’ancrant de plus en plus dans la réalité de l’automne qui arrive et me permettant de tout doucement me mettre dans l’ambiance… ça sent la soupe de potiron tout ça!

Pour rendre les choses encore plus faciles, je vous ai bricolé un petit sommaire cliquable afin de naviguer entre les différentes critiques littéraires et présentations de romans. Pour commencer, j’ai fait simple en divisant l’article en plusieurs pages (j’y ai pris goût, désolée 😅), vous trouverez donc pour chaque page, un livre différent, easy peasy!

Sommaire
Page 1 : De Cape et de Crocs
Page 2 : La pâtisserie Bliss
Page 3 : Les Sorcières du Clan du Nord, tome 1 : Le sortilège de minuit
Page 4 : Le sang de l'épouvanteur
Page 5 : L'odeur de la pluie
Page 6 : D'autres royaumes
Page 7 : Femme du ciel et des tempêtes
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Claudine à l’école – Colette

Ah, que la série des Claudine m’aura marquée! Je me souviens en avoir lus quelques tomes étant adolescente, j’en ai même joué plusieurs scènes lors de mes cours de théâtre. Claudine est un personnage auquel je me suis pas mal identifiée à l’époque, insolente, têtue et roublarde, elle fini toujours par obtenir ce qu’elle veut. Fatalement, quand on s’intéresse aux « Claudine« , on fini irrémédiablement par s’intéresser à son autrice : Colette dont le personnage est inspiré. Si vous ne la connaissez pas encore, je vous laisse le plaisir de découvrir qui elle était. Voilà maintenant quelques années que je souhaitais relire cette série de livres, qui m’avaient laissé un bon souvenir, c’est donc assez naturellement que j’ai décidé de la reprendre avec le premier tome : Claudine à l’école dans le cadre de l’Astro Book Challenge. Je l’ai placé dans la catégorie « Est-ce que toutes les fleurs peuvent parler » du menu « La magie des plantes » pour les thèmes « cosy » et « douceur« , voici désormais cette catégorie close.

Éditeur : Lgf, Livre de Poche
Publication originale : 1900
Genre : Littérature française, classique
Nombre de pages : 256

Un titre bien sage pour un roman qui l'est moins. Claudine le reconnaît : «Vrai, cette école n'est pas banale !» Comment pourrait-elle l'être ? Les élèves ont des personnalités peu communes : la grande Anaïs, que Claudine qualifie de menteuse, filouteuse, flagorneuse, traîtresse, possède en outre «une véritable science du comique» ; les Jaubert sont agaçantes à force de sagesse ; Marie Belhomme, «bébête, mais si gaie» ; Luce, charmeuse autant que sournoise ; et les autres, «c'est le vil peuple». Quant aux maîtresses... Mlle Sergent, «la rousse bien faite», aussi intelligente que laide, est tout yeux pour son assistante, Mlle Aimée, la bien nommée. Ajoutez les instituteurs des garçons, le pâle Duplessis et le vaniteux Rabastens, le médecin scolaire, le Dr Dutertre, aux dents de loup, qui aime s'attarder auprès des grandes... et vous obtenez un mélange détonant. Pour parfaire l'ensemble, c'est une Claudine débordante de vitalité, excessive dans ses élans, qui mène la ronde.

Quelle bouffée d’air frais ce livre! À première vue, on pourrait penser qu’il ne s’agit que d’une histoire douce et simple, on lit le titre et on se dit qu’on va partager le quotidien d’une écolière naïve de la fin du 19ème siècle… Eh bien figurez-vous que Claudine, dont on lit le journal, est tout sauf naïve.

Insolente, fine d’esprit et sans vergogne et avec un caractère bien trempé, elle partage ses observations sur le monde et les personnes qui l’entourent sans mâcher ses mots. Il faut dire le portrait qu’elle nous dresse du village de Montigny et de ses habitants n’est pas des plus glorieux, et ce même si elle en parle avec tendresse. À la manière d’une anthropologue, elle observe les filles de paysans avec qui elle partage les bancs de l’école. Si elle ne partage pas les mêmes préoccupations qu’elles et se désole de leurs choix, elle parvient à faire preuve d’empathie et nous explique avec une franchise déconcertante les réalités de leurs quotidiens. Là où ça devient cocasse, c’est qu’elle ne s’arrête pas à l’analyse de ses camarades, tout le monde y passe et tout le monde en prend pour son grade! C’est au fond, une véritable fresque sociale.

Ce qui m’a le plus marqué durant ma lecture, c’est ce sentiment de liberté qui émane du personnage de Claudine. Elle fait ce qu’elle veut, sait ce qu’elle veut et comment l’obtenir et quand les choses ne tournent pas à son avantages, elle n’hésite pas à sortir les griffes et à se venger (c’est qu’elle sacrément cruelle, la petite). Le tout est renforcé par le style d’écriture léger et des tournures de phrases très imagées qui font souvent sourire tant elles sont justes. J’ai été assez surprise par les relations amicales et amoureuses que Claudine entretient avec les adultes et d’égal à égal. Le tout est expliqué le manière très naturelle et (presque) sans jugement.

On découvre alors avec stupeur que les professeur.e.s flirtent avec les élèves, que les maîtresses sont trop occupées à se bécoter pour donner cours correctement et que le docteur du village fait des avances aux collégiennes, au sein même de l’école, dans le plus grand des calme.

Faites-vous donc une énorme théière pour accompagner la lecture de Claudine à l’école parce que comme on dirait : « the tea is hot », il brûle même. Si Julie et Robert de la machine à café ne vous fournissent pas de ragots assez juteux, vous aurez de quoi être largement satisfaits. Je vous rassure tout de même, les révélations de Claudine seront aussi « scandaleuses » que votre esprit est mal tourné car les choses y sont expliquée à demi-mot et tout en finesse.

Le Petit Prince – Antoine de Saint-Exupéry

Qu’est-ce donc? Un nouveau livre lu dans le cadre de l’Astro Book Challenge? Eh oui, je continue mon petit bout de chemin dans le challenge avant l’automne qui rime toujours avec le Pumpkin Autumn Challenge. Cette fois-ci, j’ai validé la catégorie « C’est écrit dans les étoiles » et les thèmes Roman jeunesse, Imaginaire, Amitié et Mystère qui se trouve dans le menu « Les mystères du ciel » avec Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry. Je vais vous dire un petit secret, lorsque j’ai créé cette catégorie, c’est à ce livre là que je pensais, car derrière chaque catégorie se cache un livre (ou plusieurs!) qui m’a inspirée. Pour l’occasion, je vous ai même dessiné l’image qui illustre l’article, et non, il n’y a pas de mouton!

Éditeur : Gallimard
Publication originale : 1943
Genre : Jeunesse, Conte, Imaginaire
Nombre de pages : 120

«J'ai ainsi vécu seul, sans personne avec qui parler véritablement, jusqu'à une panne dans le désert du Sahara, il y a six ans. Quelque chose s'était cassé dans mon moteur. Et comme je n'avais avec moi ni mécanicien, ni passagers, je me préparai à essayer de réussir, tout seul, une réparation difficile. C'était pour moi une question de vie ou de mort. J'avais à peine de l'eau à boire pour huit jours.
Le premier soir je me suis donc endormi sur le sable à mille milles de toute terre habitée. J'étais bien plus isolé qu'un naufragé sur un radeau au milieu de l'océan. Alors vous imaginez ma surprise, au lever du jour, quand une drôle de petite voix m'a réveillé...»

Même sans avoir lu Le Petit Prince, je savais qu’on y parlait de moutons, de roses et de renards. C’est d’ailleurs ce qui m’a longtemps retenue de le lire car on m’en avait déjà trop dit et le plaisir me semblait alors gâché. J’ai donc pris le temps d’oublier tout ce qu’on avait pu me raconter sur ce livre avant de m’y plonger… pour me rendre compte qu’au final, j’étais loin de me douter de ce qui m’attendait.

Je pense que la force de l’histoire réside principalement dans la narration, sous forme de douce poésie. Dés le début, on se sent happé dans un univers onirique, un peu comme si on se reposait dans des nuages moelleux. Le plus merveilleux, c’est cette sensation de pouvoir se laisser porter et de suivre l’histoire et le voyage du Petit Prince, et ce jusqu’à la fin. Outre l’histoire, qui est sans doute perçue et analysée différemment selon les personnalités de chacun.e.s, c’est le style m’a réellement séduite. J’ai passé un moment de lecture hors du temps, je m’y suis amusée, j’ai grincé les dents, j’ai été touchée et émue par moments et j’ai pu m’identifier à l’histoire qu’on me racontait. J’ai eu de la peine pour ce pauvre aviateur, je me suis demandée ce qu’il était arrivé aux personnages croisés et surtout, j’ai continué l’histoire après avoir lu la dernière page.

Je suis contente d’avoir laissé mes à priori derrière moi et d’avoir découvert ce livre, qui en raconte beaucoup plus que ce qu’on pourrait le croire…