Le Bourbon Kid tomes 3 & 4 – Anonyme

Je vous avais précédemment parlé de la saga du Bourbon Kid dont j’avais lu les deux premiers tomes :  Le livre sans nom et L’œil de la lune dans le cadre de challenges littéraires. Je reviens donc à la charge avec les tomes 3 et 4 de la série : Le cimetière du diable et Le livre de la mort. Les titres sont toujours aussi évocateurs et cachent un univers toujours aussi barrés que les premiers tomes. Si vous avez aimé l’univers des premiers romans, vous trouverez sans doute votre compte dans les deux suivants. 

Tome 3 – Le cimetière du diable
Éditeur : Sonatine
Publication originale : 2010
Genre : Thriller, décalé, fantastique
Nombre de pages : 442

Le troisième tome du Bourbon Kid est un interlude plutôt sympathique après les montagnes russes émotionnelles du second opus. le rythme est différent, un peu plus posé mais l’humour y est tout aussi noir. On y retrouve des personnages comme la Dame Mystique et Sanchez, embarqués dans un voyage dans le cimetière du diable, à l’hôtel Pasadena où a lieu chaque année le concours de chant « Back from the dead ». Il n’est donc pas étonnant de croiser Kurt Cobain, Janis Joplin et Freddie Mercury au détour d’un couloir…

On y découvre un Kid, 10 ans après les événements d’Halloween qui l’ont poussé à tuer pour la première fois. Plus terrible que d’ordinaire, il sera chargé d’une tâche particulière… N’ayez crainte cependant, l’absurdité sera bel et bien au rendez-vous!

Ce qui change beaucoup dans ce tome, c’est justement son très niveau d’absurdité, qui le rend vraiment très drôle. C’est de l’humour noir certes mais au début ça surprend un peu, on est bien loin des drames se passant dans l’œil de la lune, le ton est plus léger et les situations cocasses. J’ai vraiment aimé découvrir une autre facette de cette histoire complètement folle. 

J’ai lu beaucoup de critiques négatives au sujet de ce troisième opus, je pense que cela est du au changement radical dans le rythme et la narration. Les deux premiers tomes nous font vivre une véritable course poursuite remplie de rebondissements en tous genres tandis que le cimetière du diable est comme figé dans le temps, en huis clos (et surtout, c’est une préquelle). Je pense que c’est un livre qu’il faut apprendre à savourer à sa juste valeur et qu’il faut surtout s’attendre à tout de la part de notre auteur Anonyme.


Tome 4 – Le livre de la mort
Éditeur 
: Sonatine
Publication originale : 2012
Genre : Thriller, décalé, fantastique
Nombre de pages : 464

Il est sans doute préférable pour votre bien-être que personne n'inscrive jamais votre nom dans Le Livre de la mort, sans quoi il vous resterait très peu de temps pour formuler vos dernières volontés. Aussi on peut aisément comprendre que celui-ci fasse l'objet de multiples convoitises, en général assez mal intentionnées. Et que quelques contrariétés guettent son actuel détenteur, l'infortuné Sanchez.

Après l’histoire du troisième tome, servant de parenthèse temporelle, nous revenons dans le vif du sujet avec la suite directe des événements du second tome. Nous découvrons ce qu’il est advenu de nos personnages principaux et la ville de Santa Mondega. Ce que j’ai beaucoup apprécié, c’est que les personnages ont énormément gagné en profondeur, même ce vieux rat de Sanchez pour qui on parvient à ressentir de l’empathie. Le rythme du livre redevient également familier, ça part dans tout les sens et nous n’avons que très peu de temps pour reprendre notre souffle, un vrai bonheur. 

Tout au long du récit, j’ai ressenti comme une volonté de la part de l’auteur de vouloir fermer plusieurs arcs (si pas tous?). Ce qui m’a laissé une impression douce-amère de « fin définitive » lorsque j’ai tourné les dernières pages du roman. Fort heureusement, il me reste encore 4 tomes à dévorer, mais je redoute déjà de m’y retrouver. L’histoire du Livre de la mort m’a semblé bien plus sombre, voire vicieuse que les autres…  mais je dois admettre que cela m’a plu. J’ai été déstabilisée de retrouver un JD pataud et amoureux (oui, je suis là pour le sang et la violence, pas pour la romance je ne vais pas mentir) et ai été soulagée lorsque cela a pris fin. C’est qu’il aime nous malmener, notre auteur anonyme!

Contrairement à beaucoup d’avis que j’ai pu lire, je n’ai pas renoué avec les aventures du Bourbon Kid avec ce tome pour la simple raison que je n’en ai jamais décroché. Je peux cependant comprendre que le troisième tome ait pu décevoir, je l’ai plutôt perçu comme une entracte amusante pour me remettre de mes émotions. Suis-je objective? Non, je suis carrément mordue de cette saga mais peut-être arriverai-je à en rendre d’autres accros dans mon sillage…

Autre-Monde : Genèse – Maxime Chattam

Je continue sur ma lancée de l’Astro Book Challenge avec une lecture qui est le résultat d’un long processus et d’une série débutée il y a 13 ans. Je valide donc la catégorie « Il est tombé dedans quand il était petit du menu La magie des plantes avec le septième tome de la série « Autre-Monde » de Maxime Chattam : Genèse.

Éditeur : Albin Michel
Publication : 2016
Genre : Fantastique, science-fiction, aventure
Nombre de pages : 736

Je suis une grande fan de Maxime Chattam et je pré-commande en général chacun de ses romans pour les dévorer dans les jours qui suivent leur réception. J’ai donc commencé Autre-Monde : l’Alliance des trois en 2008, lors de sa sortie. J’avais alors 18 ans et j’avais encore un pied dans le monde des Pans, qu’on découvre dans les livres. J’ai vraiment adoré de découvrir ce qu’il s’était passé durant la Tempête, les changements de la Terre et la dynamique du trio de personnages principaux. Les trois premiers bouquins m’avaient vraiment envoutée et j’avais hâte de découvrir la suite lorsque l’auteur l’a annoncée. L’aventure débutant aux Etats-Unis, j’étais très curieuse de savoir ce qu’il s’était passé dans le reste du monde. Force est de constater que les autres tomes ne m’ont pas autant fascinée et je me suis un peu désintéressée de l’intrigue. Je voulais par conséquent relire la série dans son entièreté avant de la terminer, je m’y suis essayée plusieurs fois et j’ai ainsi relu la trilogie initiale sans trouver le courage de continuer. Après cinq années passées dans le déni, j’étais fin prête à dire au revoir aux personnages et ai enfin décidé d’attaquer le dernier tome d’Autre-Monde.

Si vous ne connaissez pas l’Univers d’Autre-Monde ou que vous n’en avez jamais entendu parler, c’est un livre d’anticipation et science-fiction / fantastique dont les personnages principaux sont des adolescents et enfants. C’est une série de 7 tomes, publiés sur 8 années. Du jour au lendemain, une Tempête a fait disparaitre les adultes et la nature a repris ses droits… Nous suivons donc l’histoire de Matt et Tobias depuis les événements précédant la Tempête et leurs tentatives de survie dans ce nouveau monde, peuplés de créatures peu commodes. Vous vous en doutez, les deux amis finiront par découvrir qu’un ennemi les menaces…

Les six autres tomes de la série

Pour commencer, je n’ai pas aimé Genèse et ce pour plusieurs raisons. La première étant que l’explication donnée aux événements des premier tomes ne m’a pas convaincue, à mon sens, elle se repose sur une vision du monde plus actuelle que la période à laquelle se produisent les événements du tome 1 (en 2008 donc). Il me semble peu probable que certains discours ayant lieu dans le tome 7 (publié en 2016) aient été prévus lors de la publication des trois premiers tomes, avant 2010. De plus, en y réfléchissant bien, certains détails ne collent pas à ce qui a été décrit  et expliqué auparavant et quelques explications sont floues et parsemées de « je ne sais quoi » qui semblent combler les lacunes et incohérences. Pour le reste, on se contentera de mettre ça sur le dos des mystères du monde, ce que j’ai trouvé assez dommage et facile. On découvre « la vérité » après le premier quart du livre et ça n’a pas arrêté de me déranger tout au long de la lecture. Chaque argument venant étayer la théorie me semblait plus incohérent que l’autre. 

La seconde raison est un peu plus dérangeante à mon sens, il s’agit du traitement des personnages et de certaines interactions. J’ai trouvé que l’écriture avait une vision très masculine et qu’elle basculait parfois dans du sexisme gratuit. Même dans ce monde réinventé, les filles et femmes sont réduites au second plan et perçues comme des objets sexuels. C’est quelque chose qui m’a profondément agacée, les « méchants » en ont forcément après les jupes des filles, que les garçons voudront à tout prix protéger. Aussi, s’en suit une vision de la sexualité assez désuète, si on s’en tient au message du livre, faire l’amour c’est perdre son innocence, sa virginité. Pour ma part, je trouve de base que la notion de virginité est ridicule et la façon dont elle est présentée dans le livre n’arrange rien. On est bercé dans une sorte de puritanisme où il faut faire l’amour avec des sentiments sinon on est un sale crado d’adulte qui ne vit que pour le vice. Franchement, je n’adhère pas trop à ce genre de message.

Enfin, le dernier point qui m’a vraiment dérangée : la fin. C’est tellement prévisible que je l’ai devinée tout de suite. J’aime être surprise et pour le coup, c’était vraiment raté. Le bouquin m’a paru trop long sur certains passages vraiment pas passionnant et s’emballe sur la fin, ne laissant que très peu de temps pour assimiler tout ce qu’il se passe. J’étais un peu dépitée par la chute, mais pas surprise.

Au final, j’étais globalement plus intéressée par des détails et intrigues qui sont restés en suspens que par la quête principale. J’espérais qu’elle se termine suffisamment tôt dans le livre, histoire de découvrir « l’après » et avoir l’occasion d’aller plus loin dans la découverte de cet Autre-Monde. Malheureusement, je resterai sur ma faim mais je suis quand même satisfaite d’avoir terminé cette aventure. L’ensemble de la série m’a quand-même plu malgré tout ces points noirs et j’ai aimé retrouver les personnages après de si longues années. Je râle beaucoup mais au final, c’était plutôt pas mal. Peut-être suis-je devenue trop Matur pour apprécier pleinement cette fin… à méditer.

Grimalkin et l’épouvanteur – Joseph Delanay

J’ai commencé la saga de l’épouvanteur en mai 2020, lors de mon premier Astro Book Challenge. 

Piquée par la curiosité et les nombreuses références que je voyais autour de moi, j’ai fini par céder et je me suis lancée dans ce nouvel univers. Inutile de dire que je l’ai adoré, je fais d’ailleurs tout pour faire durer la saga en m’interdisant au maximum de les « binge read ». Je valide donc la catégorie Un palantir est un outil dangereux, Saroumane du menu L’art de la divination avec le neuvième tome de la série : « Grimalkin et l’épouvanteur ».

Éditeur : Bayard Jeunesse
Publication originale : 2011
Genre : Fantasy, roman jeunesse, aventure
Nombre de pages : 320

Je copie-colle le résumé du premier tome pour vous présenter un peu l’univers et vous donner une idée de ce qu’est un épouvanteur. 

"L'Epouvanteur a eu de nombreux apprentis, me dit maman. Mais peu ont achevé leur formation. Et ceux qui y sont parvenus sont loin d'être à la hauteur. Ils sont fragiles, veules ou lâches. Ils se font payer fort cher de bien maigres services. Il ne reste que toi, mon fils. Tu es notre dernière chance, notre dernier espoir. Il faut que quelqu'un le fasse. Il faut que quelqu'un se dresse contre les forces obscures. Tu es le seul qui en soit capable. "Thomas Ward, le septième fils d'un septième fils, devient l'apprenti de l'Epouvanteur du comté. Son maître est très exigeant. Thomas doit apprendre à tenir les spectres à distance, à entraver les gobelins, à empêcher les sorcières de nuire... Cependant, il libère involontairement Mère Malkin, la sorcière la plus maléfique qui soit, et l'horreur commence..."

Vous l’avez donc compris, nous suivons l’histoire de Tom, jeune apprenti Epouvanteur (chasseur de l’obscur) et ses péripéties. Chaque tome nous entraine un peu plus loin dans l’intrigue et la destinée de Tom et de son amie Alice. Le neuvième tome est différent dans le sens ou c’est un autre personnage que nous suivons : Grimalkin, la sorcière, tueuse redoutable qui ne fonctionne que selon son propre code. Je n’en dis pas plus afin de ne pas ruiner la surprise et ne rien dévoiler de trop important. Si vous cherchez des livres qui vous permettront de vous évader dans les tréfonds de votre imagination, n’hésitez pas à vous y plonger.

The Year of the Witching – Alexis Henderson

Samhain arrive à grand pas et c’est dans un livre complètement witchy que je me suis lancée pour l’occasion! The Year of the Witching d’Alexis Henderson est un livre qui n’a pas (encore) été traduit en français et dont la suite est prévue pour 2021. Il est le premier roman de l’auteure et il valide la sous-catégorie Les écailles de mélusine du menu Automne des Enchanteresses du PAC. J’ai choisi les mots-clefs : féminisme et transformation, bien que « métamorphose » pourrait également s’appliquer. Etant donné qu’il n’existe pas encore de résumé en français, je vais faire de mon mieux pour retranscrire l’original sans pour autant trop en dévoiler.

Éditeur : Paperback
Publication originale : 2020
Genre : Dark fantasy, gothique, horreur
Nombre de pages : 368

L'histoire se déroule dans une société rigide et puritaine et place en son centre une héroïne marginale. Alors que la lumière et la toute puissance du prophète sont adulée, Immanuelle se découvre des pouvoirs tout droits sortis de l'obscurité... A Bethel, son existence même est un blasphème, car elle est le résultat de l'union de sa mère rebelle et d'un étranger, d'une autre "race". Immanuelle tente donc de s'intégrer du mieux qu'elle le peut, évitant les tentations et en totale soumission, comme le sont les femmes sous l'autorité du prophète. Un jour pourtant, ses pas seront attirés vers les bois maudits où Immanuelle croisera le chemin des esprits des sorcières qui y ont un jour vécu... Elle apprendra alors la vérité sur Bethel, son église et sa véritable histoire, décidera t'elle de se plier à l'autorité ou tentera t'elle de renverser le système établi?

Je me suis lancée dans la lecture de ce livre suite aux nombreuses publicités et critiques que j’avais pu en voir sur le net. Le thème me parlait, le côté féministe m’attirait et j’étais un peu contente de me lancer à nouveau dans une lecture en anglais. Après réflexion, je me demande si une traduction ne m’aurait pas plu d’avantage car j’ai en fin de compte trouvé le style assez pénible à lire. Pour le dire dans d’autres mots : j’ai galéré. On ne sait pas très bien où et dans quelle époque se déroule le récit : un futur dystopique, une communauté recluse à l’époque actuelle ou encore un retour au moyen-âge? Tout est possible, mais ce qui est ressorti du style s’apparentait, du moins dans mon imaginaire, comme appartenant à une façon de parler qu’on pourrait rencontrer au 16ème ou 17ème siècle. Je me suis posée beaucoup de questions quant au cadre accueillant l’histoire car on nous présente Bethel (la ville?) comme un écrin protégée du monde extérieur, qu’y a t’il en dehors de ses murs? Le mystère est complet et j’espère que le second tome pourra éclaircir ces quelques points d’ombres. 

Pour ce qui est de l’histoire en elle-même, je l’ai trouvée très intéressante et pertinente car malgré son côté surnaturel, elle tend un miroir à la société dans laquelle nous vivons. L’histoire nous est présentée sous l’angle du prophète et de sa dictature « éclairée », si on peut appeler ça ainsi. Tout du long, j’ai perçu Bethel tantôt comme une secte à grande échelle tantôt comme un reflet des régimes religieux extrémistes. Comme durant l’inquisition on brûle les gens qui n’entrent pas dans le moule, on craint la sorcellerie et on place tout ses espoirs dans un sauveur unique, détenteur d’une vérité. Et comme dans notre société actuelle, il y a un racisme et un sexisme systémique profondément ancré dans la culture de Bethel. Fort heureusement, notre héroïne trouvera quelques bribes d’autres vérités et n’hésitera pas à remettre en question tout ce qu’on lui a inculqué, malgré l’oppression ambiante. Il existe une dimension très critique et féministe dans ce livre et j’ai apprécié la complexité du personnage principal ainsi que l’absence de dualité. Immanuelle ne se défini pas comme « bonne » ou « mauvaise », elle EST et tente d’agir selon sa conscience et ce qui lui semble juste. Il m’a fallu beaucoup de temps pour assimiler et déconstruire ma lecture mais j’en garde une très bonne expérience, même s’il a été compliqué à lire pour moi. J’ai été surprise et agréablement étonnée de la tournure qu’à pris l’histoire ainsi que de la double lecture féministe qu’on peut en faire.