Claudine à l’école – Colette

Ah, que la série des Claudine m’aura marquée! Je me souviens en avoir lus quelques tomes étant adolescente, j’en ai même joué plusieurs scènes lors de mes cours de théâtre. Claudine est un personnage auquel je me suis pas mal identifiée à l’époque, insolente, têtue et roublarde, elle fini toujours par obtenir ce qu’elle veut. Fatalement, quand on s’intéresse aux « Claudine« , on fini irrémédiablement par s’intéresser à son autrice : Colette dont le personnage est inspiré. Si vous ne la connaissez pas encore, je vous laisse le plaisir de découvrir qui elle était. Voilà maintenant quelques années que je souhaitais relire cette série de livres, qui m’avaient laissé un bon souvenir, c’est donc assez naturellement que j’ai décidé de la reprendre avec le premier tome : Claudine à l’école dans le cadre de l’Astro Book Challenge. Je l’ai placé dans la catégorie « Est-ce que toutes les fleurs peuvent parler » du menu « La magie des plantes » pour les thèmes « cosy » et « douceur« , voici désormais cette catégorie close.

Éditeur : Lgf, Livre de Poche
Publication originale : 1900
Genre : Littérature française, classique
Nombre de pages : 256

Un titre bien sage pour un roman qui l'est moins. Claudine le reconnaît : «Vrai, cette école n'est pas banale !» Comment pourrait-elle l'être ? Les élèves ont des personnalités peu communes : la grande Anaïs, que Claudine qualifie de menteuse, filouteuse, flagorneuse, traîtresse, possède en outre «une véritable science du comique» ; les Jaubert sont agaçantes à force de sagesse ; Marie Belhomme, «bébête, mais si gaie» ; Luce, charmeuse autant que sournoise ; et les autres, «c'est le vil peuple». Quant aux maîtresses... Mlle Sergent, «la rousse bien faite», aussi intelligente que laide, est tout yeux pour son assistante, Mlle Aimée, la bien nommée. Ajoutez les instituteurs des garçons, le pâle Duplessis et le vaniteux Rabastens, le médecin scolaire, le Dr Dutertre, aux dents de loup, qui aime s'attarder auprès des grandes... et vous obtenez un mélange détonant. Pour parfaire l'ensemble, c'est une Claudine débordante de vitalité, excessive dans ses élans, qui mène la ronde.

Quelle bouffée d’air frais ce livre! À première vue, on pourrait penser qu’il ne s’agit que d’une histoire douce et simple, on lit le titre et on se dit qu’on va partager le quotidien d’une écolière naïve de la fin du 19ème siècle… Eh bien figurez-vous que Claudine, dont on lit le journal, est tout sauf naïve.

Insolente, fine d’esprit et sans vergogne et avec un caractère bien trempé, elle partage ses observations sur le monde et les personnes qui l’entourent sans mâcher ses mots. Il faut dire le portrait qu’elle nous dresse du village de Montigny et de ses habitants n’est pas des plus glorieux, et ce même si elle en parle avec tendresse. À la manière d’une anthropologue, elle observe les filles de paysans avec qui elle partage les bancs de l’école. Si elle ne partage pas les mêmes préoccupations qu’elles et se désole de leurs choix, elle parvient à faire preuve d’empathie et nous explique avec une franchise déconcertante les réalités de leurs quotidiens. Là où ça devient cocasse, c’est qu’elle ne s’arrête pas à l’analyse de ses camarades, tout le monde y passe et tout le monde en prend pour son grade! C’est au fond, une véritable fresque sociale.

Ce qui m’a le plus marqué durant ma lecture, c’est ce sentiment de liberté qui émane du personnage de Claudine. Elle fait ce qu’elle veut, sait ce qu’elle veut et comment l’obtenir et quand les choses ne tournent pas à son avantages, elle n’hésite pas à sortir les griffes et à se venger (c’est qu’elle sacrément cruelle, la petite). Le tout est renforcé par le style d’écriture léger et des tournures de phrases très imagées qui font souvent sourire tant elles sont justes. J’ai été assez surprise par les relations amicales et amoureuses que Claudine entretient avec les adultes et d’égal à égal. Le tout est expliqué le manière très naturelle et (presque) sans jugement.

On découvre alors avec stupeur que les professeur.e.s flirtent avec les élèves, que les maîtresses sont trop occupées à se bécoter pour donner cours correctement et que le docteur du village fait des avances aux collégiennes, au sein même de l’école, dans le plus grand des calme.

Faites-vous donc une énorme théière pour accompagner la lecture de Claudine à l’école parce que comme on dirait : « the tea is hot », il brûle même. Si Julie et Robert de la machine à café ne vous fournissent pas de ragots assez juteux, vous aurez de quoi être largement satisfaits. Je vous rassure tout de même, les révélations de Claudine seront aussi « scandaleuses » que votre esprit est mal tourné car les choses y sont expliquée à demi-mot et tout en finesse.

Le Petit Prince – Antoine de Saint-Exupéry

Qu’est-ce donc? Un nouveau livre lu dans le cadre de l’Astro Book Challenge? Eh oui, je continue mon petit bout de chemin dans le challenge avant l’automne qui rime toujours avec le Pumpkin Autumn Challenge. Cette fois-ci, j’ai validé la catégorie « C’est écrit dans les étoiles » et les thèmes Roman jeunesse, Imaginaire, Amitié et Mystère qui se trouve dans le menu « Les mystères du ciel » avec Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry. Je vais vous dire un petit secret, lorsque j’ai créé cette catégorie, c’est à ce livre là que je pensais, car derrière chaque catégorie se cache un livre (ou plusieurs!) qui m’a inspirée. Pour l’occasion, je vous ai même dessiné l’image qui illustre l’article, et non, il n’y a pas de mouton!

Éditeur : Gallimard
Publication originale : 1943
Genre : Jeunesse, Conte, Imaginaire
Nombre de pages : 120

«J'ai ainsi vécu seul, sans personne avec qui parler véritablement, jusqu'à une panne dans le désert du Sahara, il y a six ans. Quelque chose s'était cassé dans mon moteur. Et comme je n'avais avec moi ni mécanicien, ni passagers, je me préparai à essayer de réussir, tout seul, une réparation difficile. C'était pour moi une question de vie ou de mort. J'avais à peine de l'eau à boire pour huit jours.
Le premier soir je me suis donc endormi sur le sable à mille milles de toute terre habitée. J'étais bien plus isolé qu'un naufragé sur un radeau au milieu de l'océan. Alors vous imaginez ma surprise, au lever du jour, quand une drôle de petite voix m'a réveillé...»

Même sans avoir lu Le Petit Prince, je savais qu’on y parlait de moutons, de roses et de renards. C’est d’ailleurs ce qui m’a longtemps retenue de le lire car on m’en avait déjà trop dit et le plaisir me semblait alors gâché. J’ai donc pris le temps d’oublier tout ce qu’on avait pu me raconter sur ce livre avant de m’y plonger… pour me rendre compte qu’au final, j’étais loin de me douter de ce qui m’attendait.

Je pense que la force de l’histoire réside principalement dans la narration, sous forme de douce poésie. Dés le début, on se sent happé dans un univers onirique, un peu comme si on se reposait dans des nuages moelleux. Le plus merveilleux, c’est cette sensation de pouvoir se laisser porter et de suivre l’histoire et le voyage du Petit Prince, et ce jusqu’à la fin. Outre l’histoire, qui est sans doute perçue et analysée différemment selon les personnalités de chacun.e.s, c’est le style m’a réellement séduite. J’ai passé un moment de lecture hors du temps, je m’y suis amusée, j’ai grincé les dents, j’ai été touchée et émue par moments et j’ai pu m’identifier à l’histoire qu’on me racontait. J’ai eu de la peine pour ce pauvre aviateur, je me suis demandée ce qu’il était arrivé aux personnages croisés et surtout, j’ai continué l’histoire après avoir lu la dernière page.

Je suis contente d’avoir laissé mes à priori derrière moi et d’avoir découvert ce livre, qui en raconte beaucoup plus que ce qu’on pourrait le croire…

L’Histoire sans fin – Michael Ende

C’est avec fierté et soulagement que je vous présente le livre qui m’a permis de valider définitivement la catégorie « Dans la boule de cristal » du menu « L’art de la divination » de l’Astro Book Challenge! Il ne me restait plus qu’à valider le thème adapté au cinéma (que j’ai en fait validé par accident avec un autre livre 😅) et c’est désormais chose faite. Ceci dit, ce livre rempli tous les autres thèmes de la catégorie, j’aurais peut-être du commencer par là, oups. Je souhaitais lire l’Histoire sans fin de Michael Ende depuis un bon bout de temps, un de mes passe temps favoris étant de « comparer » les livres et leur adaptation cinématographique. J’ai par ailleurs été très surprise des souvenirs que la lecture m’a évoquée, les images défilant seules devant mes yeux alors que ça doit bien faire une quinzaine d’années que je n’ai plus vu le film.

Éditeur : Hachette Romans
Publication originale : 1979
Genre : Fantastique, Jeunesse, Fantasy
Nombre de pages : 520

À première vue, Bastien Balthasar Bux n'a rien d'un héros. Les héros sont grands, beaux et forts. Les héros ne courent pas sous la pluie pour se réfugier dans les librairies obscures et échapper ainsi à leurs camarades de classe. Ils ne volent pas non plus les vieux livres pour aller les dévorer dans les greniers de l'école... Bastien n'a pas pu résister. C'est comme si ce livre l'appelait. Son titre ? L'Histoire sans fin. Le garçon plonge dans un univers peuplé de mille créatures étonnantes : elfes nocturnes chevauchant des chauves-souris, Mange-Pierres, escargots de course, tortues millénaires et lions multicolores, Atréju, l'enfant guerrier sans peur et Fuchur, son fidèle Dragon de la Fortune... Toutes vouées à disparaître, avalées par le Néant, ce mal mystérieux qui ronge le Pays Fantastique.

Je pense que presque tout le monde est d’accord pour dire que l’Histoire sans fin est une référence dans son genre. Qui n’a pas rêvé d’explorer le pays fantastique et de découvrir toutes les créatures qui le peuplent? Ce qui se trouve dans ce livre, c’est une véritable bombe de créativité et d’imagination. Chaque page tournée nous amène dans un monde différent où les histoires ne se terminent réellement que lorsque notre imagination cesse de travailler.

C’est précisément ce qui fait la force du roman, une mise en abyme puissante et efficace qui nous fait passer de lecteur passif à acteur et personnage du livre, tout comme le personnage de Bastien. C’est qu’elle nous fait bosser cette histoire sans fin, on se demande sans cesse où elle va nous mener et il y a tellement de possibilités qu’on passe plus de temps à rêvasser sur les suites en imaginant leurs déroulement qu’à réellement lire l’histoire de Bastien.

J’admet que je m’y suis perdue plusieurs fois et que le développement de Bastien au sein du pays Fantastique m’est un peu passé au-dessus de la tête. On va dire que ma concentration a été mise à rude épreuve! Le pauvre Bastien est parti dans un égo trip aussi démesuré que l’infini, ça a été une partie assez difficile à suivre pour moi mais ça n’a pas pour autant gâché ma lecture.

Fuchur / Falcor : Le plus mignon de tous les dragons, comment résister à ce charme magnétique?

La Chambre des Morts – Franck Thilliez

Me revoici avec un autre tome des enquêtes de Sharko et Hennebelle! Je vous avais parlé de la préquelle : 1991 et du premier tome de la série : Train d’Enfer pour Ange rouge dans de précédents articles, je continue donc sur ma lancée en vous parlant du second tome. Cette fois-ci, ce n’est pas Franck Sharko que nous allons retrouver mais Lucie Hennebelle, une brigadière postée dans le nord de la France. J’ai également profité de cette lecture pour valider le thème « adapté au cinéma » de la catégorie « Dans la boule de cristal » de l’Astro Book Challenge. Je n’ai donc plus qu’une catégorie à valider pour le menu « l’Art de la divination » , j’ai d’ailleurs un peu de mal à croire que le challenge se termine d’ici 4 mois 😱.

Éditeur : Pocket
Publication originale : 2005
Genre : Thriller, Policier
Nombre de pages : 352

Imaginez...
Vous roulez en pleine nuit avec votre meilleur ami, tous feux éteints.
Devant vous, un champ d'éoliennes désert.
Soudain le choc, d'une violence inouïe. Un corps gît près de votre véhicule. À ses côtés, un sac de sport. Dedans, deux millions d'euros.
Que feriez-vous ?
Vigo et Sylvain, eux, ont choisi.

Ce que j’ai adoré avec La Chambre des Morts, c’est le rythme de l’histoire et sa dimension rocambolesque. Les premières lignes du roman sont inquiétantes, si pas glaçantes mais nous les quittons assez rapidement pour suivre Vigo et Sylvain dans ce qui s’avèrera être la nuit la plus décisive de leur existence. Ce duo de personnage est à la fois monstrueux et absurde, ils m’ont à la fois fait beaucoup rire tout en m’exaspérant, à la façon d’un Laurel et Hardy macabre. Ce qui est intéressant avec eux, ce sont les émotions qu’ils provoquent car si on a envie de juger les choix qu’ils font, on est bien obligés de se dire qu’on aurait probablement fait les mêmes, tout en se disant qu’on aurait été plus malins… Tout cet arc du livre est emprunt d’une ironie particulièrement délicieuse qui m’a ravie jusqu’à la fin.

Ce tome marque la rencontre avec Lucie Hennebelle, brigadière de la police de Lille. On y découvre une mère célibataire aux inclinaisons morbides et aux sombres secrets. J’ai beaucoup aimé d’avoir un personnage féminin dans une enquête policière, bien qu’elle ne soit malheureusement pas à la tête de l’enquête. J’ai été désarçonnée de la retrouver dans son quotidien, en train de s’occuper de ses jumelles et de tenter de garder la tête hors de l’eau. J’ai bien aimé ces différences entre l’image qu’elle donne au travail : déterminée, efficace et dure à cuire et l’image douce et vulnérable qu’on devine assez vite lorsqu’elle est dans l’intimité. Ça fait toujours du bien d’avoir un personnage féminin qui est badass sans devoir se la jouer « bonhomme » pour autant. J’ai hâte de voir ce que l’avenir lui réserve, même si j’ai franchement peur vu le sadisme de Thilliez envers ses personnages.

Ma tête quand j’ai réalisé dans quoi j’avais mis les pieds en commençant ce livre.

Je n’en dirai pas plus afin de ne pas dévoiler l’intrigue principale. J’ai globalement beaucoup aimé l’angle utilisé dans le livre et la révélation finale, lorsqu’on découvre qui est réellement derrière les meurtres et ce qui se trame dans sa tête. J’ai trouvé que l’histoire était très dynamique et rafraichissante, on s’y fait trimballer dans tous les sens au fil de l’enquête, allant de révélation en révélation, toutes plus glauques les unes que les autres évidemment.