Cold Winter Challenge 2020 : Snjór – Ragnar Jónasson

Ceux qui auront un peu parcouru le blog le savent, j’aime participer aux challenge de lecture. J’ai donc voulu me lancer dans le Cold Winter Challenge, qui est un challenge s’étendant de décembre à mars, sur le thème de l’hiver. J’avais préparé une pile à lire mais je n’ai malheureusement pas pu m’y consacrer comme je l’aurais souhaité. La première raison est que le mois de décembre et les fêtes de fin d’années représentent une période très pénible (psychologiquement) pour moi, la seconde était mon propre challenge, débutant en janvier, pour lequel j’étais beaucoup plus motivée. Je songe d’ailleurs à modifier les dates du challenge pour le faire commencer avec Imbolc, histoire de pouvoir retenter le CWC l’an prochain.

J’avais donc sélectionné Snjór de Ragnar Jónasson, qui trainait depuis des années dans ma bibliothèque pour valider le menu Hiver obscur et la sous-catégorie « Frissonner sous un plaid » pour les mots-clefs : thriller et suspens. 

Éditeur : Points
Publication : 2016
Genre : Policier, thriller, roman noir
Nombre de pages : 336

Siglufjördur, ville perdue au nord de l'Islande, où il neige sans discontinuer et où il ne se passe jamais rien. Ari Thór, qui vient de terminer l'école de police à Reykjavik, y est envoyé pour sa première affectation. Mais voilà qu'un vieil écrivain fait une chute mortelle dans un théâtre et que le corps d'une femme est retrouvé, à moitié nu, dans la neige. Pour résoudre l'enquête, Ari Thór devra démêler les mensonges et les secrets de cette petite communauté à l'apparence si tranquille.

Mais que se passe t’il à Siglufjördur? A priori, pas grand-chose… quoi que… C’est avec Ari Thór, policier novice, que nous découvrirons les mystère de cette ville pourtant si calme. Au cœur de l’hiver, c’est dans une ambiance remplie d’obscurité que les secrets se dévoileront. Une enquête qui a un petit air d’Agatha Christie avec une pointe de noirceur. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en commençant Snjór, je peux maintenant me considérer comme accro et j’ai grand hâte de découvrir les autres livres de la série!

J’ai eu un peu de mal à m’y plonger au départ à cause des noms en Islandais sur lesquels je butais sans cesse, mais on s’y fait au final très rapidement. Snjór est le premier tome de la série appelée « Dark Iceland« . C’est un polar en huit-clos sans prise de tête dans lequel on se plonge assez facilement. On est très vite happé dans la vie des personnages auxquels on s’attache et dépaysés au même titre que le personnage principal : Ari Thór qui débarque dans la petite ville Islandaise de Siglufjördur (ça m’a pris plusieurs tentatives pour le lire correctement 😅). J’ai suivi avec plaisir l’enquête et son dénouement tout en découvrant les différentes personnalités qui peuple la petite ville.

Si vous décidez de vous lancer dans l’univers de Ragnar Jónasson, je vous conseille de suivre l’ordre de publication original : « Snjór » – « Nátt » – « Sótt » – « Vík » – « Mörk » – « Siglo ». Si vous décidez de suivre les dates de sorties françaises, vous lirez tout dans le désordre. Dans l’immédiat, ça peut sembler trivial car chaque livre parle d’une enquête différente mais je trouve ça un peu dommage pour le développement des histoires entre les personnages principaux. Je ne sais pas vraiment pourquoi l’ordre a changé dans les publications françaises mais je suis contente de m’en être rendue compte dès le second tome, j’ai en effet failli lire « Mörk » alors qu’il s’agit du cinquième tome de la série.

Le Bourbon Kid, tome 1 : Le livre sans nom – Anonyme

Pour terminer en beauté le PAC de cette année, j’ai décidé de me lancer dans l’aventure qu’est la saga du Bourbon Kid et je valide la sous catégorie Les supplices de la belladone du menu Automne Frissonnant (un livre à la couverture noire) avec le premier tome de la série : Le livre sans nom. J’ai découvert cette série de livre grâce à une amie qui m’en a vanté les mérites. Elle m’avait prévenue sur son contenu : « c’est complètement barré! » et bien, j’ai quand même été surprise! L’histoire est complètement folle et les personnages sont plus absurdes et imprévisibles les uns que les autres. Il est d’ailleurs extrêmement difficile de définir un genre à ce livre, que je qualifie d’ovni littéraire. Si je devais le décrire en un seul mot, ce serait : Rocambolesque!

Éditeur : Sonatine
Publication : 2006
Genre : Ovni Littéraire
Nombre de pages : 512

Santa Mondega, une ville d'Amérique du Sud oubliée du reste du monde, où sommeillent de terribles secrets.
Un serial killer qui assassine ceux qui ont eu la malchance de lire un énigmatique livre sans nom. La seule victime encore vivante du tueur, qui, après cinq ans de coma, se réveille, amnésique. Deux flics très spéciaux, des barons du crime, des moines férus d'arts martiaux, une pierre précieuse à la valeur inestimable, un massacre dans un monastère isolé, quelques clins d'oeil à Seven et à The Ring, et voilà le thriller le plus rock'n'roll et le plus jubilatoire de l'année ! Diffusé anonymement sur Internet en 2007, cet ouvrage aussi original que réjouissant est vite devenu culte.
II a ensuite été publié en Angleterre puis aux Etats-Unis, où il connaît un succès fulgurant.

L’histoire se déroule dans la ville peu recommandable de Santa Mondega, non loin de la frontière Mexicaine… Il y a 5 ans, un individu appelé le Bourbon Kid y a massacré un grand nombre de personne, ce mec pète un câble absolu au contact du bourbon et se met à dégommer à peu près tout ce qui bouge. La bonne nouvelle pour nous (et la moins bonne pour les personnages) c’est qu’il est de retour!

Avis  aux amateurs des films de Robert Rodriguez et Quentin Tarantino, ce livre est un véritable OVNI littéraire, gore as fuck, absurde et allant de rebondissements en rebondissements, il ne peut pas laisser indifférent. Entre le western, le roman policier et l’intrigue surnaturelle, on surfe sur une vague d’humour très très noir et de situations dignes d’un soap opéra, vous l’aurez compris, ça part vraiment dans tous les sens. Et le meilleur dans tout ça, c’est qu’en fin de compte, l’histoire nous paraît en même temps très logique. Chose intéressante d’ailleurs, l’auteur étant anonyme, de nombreuses spéculations sur son identité ont vu le jour, entre le Prince Charles et David Bowie, l’hypothèse la plus populaire voudrait que ce soit Tarantino en personne qui se cache derrière tout ça. Mais d’après les différentes interview, Anonyme a surtout l’air d’un gars qui avait envie de créer quelque chose d’unique et qui refuse de se plier aux règles littéraires établies. Voyez plutôt ce qu’il dit sur la genèse du Livre sans nom : 

«Je l’ai commencé comme un western mais, après un chapitre, j’étais dans une impasse. Je suis donc parti sur autre chose avec des moines… puis j’ai fusionné les deux histoires. Quand je me suis à nouveau retrouvé bloqué, j’ai écrit une autre histoire à propos d’une femme amnésique et je l’ai mélangée avec les précédentes. En fait, à chaque fois que j’ai été coincé, je suis parti vers autre chose et j’ai réussi à tout fondre dans le même livre malade. Ça a vraiment été fun mais c’est un miracle que l’ensemble ait du sens.»

Automne – Jan Henrik Nielsen

Le PAC arrivant tout doucement à sa fin, je tente un sprint final pour lire un maximum des livres de ma pàl. J’ai donc choisi Automne de Jan Henrik Nielsen pour valider le menu « Automne des Enchanteresses » et la sous-catégorie « Nausicaä de la vallée du vent« . Il correspond aux mots-clefs : écologie, nature et post-apocalyptique. Pour l’anecdote, j’essaie chaque année de trouver un livre avec « automne » ou « halloween » dans le titre pour ce challenge, j’étais donc très contente d’en trouver un qui collait autant aux mots-clefs proposés. 

Éditeur : Albin Michel Jeunesse
Publication originale : 2013
Genre : Science-fiction, dystopie, roman jeunesse
Nombre de pages : 336

Cette île pourrait être n'importe quelle île. Ces deux sœurs pourraient être n'importe quelles sœurs. Cette terre qu'une grande catastrophe écologique a ravagée pourrait être la nôtre. L'eau est devenue rare, le soleil brûle la peau, la végétation se meurt. Terrées dans un bunker depuis six ans, Nanna et sa petite sœur Fride observent le monde à travers un périscope, à la fois fascinées et inquiètes. Forcées de sortir au-dehors, elles découvrent qu'au cœur de ce paysage désolé, les gens sont prêts à les aider. Alors Fride et Nanna avancent au sein de l'automne, blotties dans une joie surprenante, découvrant un monde qu'elles croyaient hostile à jamais...

En guise de préambule, je tenais à préciser que ce livre était avant tout destiné à un public jeune et que cela se ressent à travers l’écriture. Les personnages principaux sont donc, sans surprise, des enfants. J’avoue avoir eu assez peur de me lancer dans cette lecture, qui traite d’un monde détruit suite à un virus mortel. En lisant quelques avis, je me suis dis qu’une dose d’espoir et d’innocence pourrait me faire le plus grand bien. Nous retrouvons donc deux sœurs de six et douze ans et leur père, terrés dans un bunker depuis plusieurs années. Ils observent l’extérieur afin de voir si la nature reprend vie suite à une catastrophe qui a éliminé près de la majorité de la population et des ressources. La nature est ainsi plongée dans une sorte d’automne éternel, où rien ne pousse jamais. Vous vous doutez bien que nos personnages finiront par sortir de leur bunker… mais à quel prix? 

C’est à travers les yeux des enfants que nous allons découvrir un monde post-apocalyptique,  l’une se souvient de sa vie d’avant tandis que l’autre est en éternel émerveillement devant toutes ces choses dont elle avait entendu parler. C’est un récit à la fois poétique, palpitant, plein d’espoir et de douceur. Fride et Nanna ont une mission à mener et ce n’est pas la plus simple, elles ne savent rien de ce qu’est devenu le monde et des dangers qu’elles encourent à le parcourir. Pourtant, elles y vont, le cœur vaillant et avec un courage sans failles, allant de surprise en surprise. Contrairement à la majorité des récits post-apocalyptiques, on découvre ici une facette plus positive de l’être humain, ce qui est très rafraichissant. 

Circé – Madeline Miller

Je continue mon voyage littéraire dans le monde du Pumpkin Autumn Challenge avec Circé de Madeline Miller. Il valide le menu « Automne Douceur de vivre » et la sous-catégorie « A window to the past » et correspond aux mots-clefs sorcière et magie. Avis aux amateurs de mythologie grecque, je conseille d’ailleurs à toute personne de se faire un petit bagage mythologique avant de se lancer dans la lecture car je pense qu’on peut vite s’y perdre. 

Éditeur : Pocket
Publication originale : 2018
Genre : Fiction historique, mythologie
Nombre de pages : 576

Fruit des amours d'un dieu et d'une mortelle, Circé la nymphe grandit parmi les divinités de l'Olympe. Mais son caractère étonne. Détonne. On la dit sorcière, parce qu'elle aime changer les choses. Plus humaine que céleste, parce qu'elle est sensible. En l'exilant sur une île déserte, comme le fut jadis Prométhée pour avoir trop aimé les hommes, ses pairs ne lui ont-ils pas plutôt rendu service ? Là, l'immortelle peut choisir qui elle est. Demi-déesse, certes, mais femme avant tout. Puissante, libre, amoureuse...

Étant enfant, je nourrissais une certaine passion pour la mythologie grecque. J’étais fascinée par les histoires des dieux, les genèses, mythes et autres récits légendaires. Je ne m’y étais plus aventurée depuis de nombreuses années et la perspective de m’y replonger me réjouissait d’avance. J’avais bien évidemment déjà entendu parler de Circé, la première sorcière qui est souvent représentée dans l’Histoire de l’Art. On la retrouve souvent en tant que tentatrice jalouse et séduisante et la chose qu’on connait le mieux à son propos c’est qu’elle transforme les hommes en porcs. Circé a donc très mauvaise réputation, c’est une sorcière, elle déteste les hommes, les tente et les puni sévèrement.

Ce que j’ai trouvé intéressant dans le roman, c’est qu’il retrace toute l’existence de Circé et c’est son point de vue qui est retranscrit. Elle n’est plus relayée au second plan ou croisée au détour de la quête d’un héros. Les rôles s’inversent et elle devient l’héroïne de sa propre histoire, relayant les héros (Jason, Ulysse, Dédale,…) dont on a l’habitude au second plan. Cette une facette complètement différente de Circé, débarrassée des codes sociétaux et des visions puritanistes qui nous est présentée. Les jugements moraux et étiquettes péjoratives qui lui collaient aux semelles tombent les unes après les autres dans une réécriture plus féministe. Circé est une figure marginale, qui déjà à l’Antiquité, ne rentre pas dans les cases et ne se conforme pas aux règles de bienséances. Son parcours, tel que décrit a pas mal résonné en moi car il est similaire à tout ceux des figures féminines fortes à travers les âges, souvent diabolisées et / ou perçues comme des objets de désirs. De nos jours encore, rien ne semble plus effrayer le système en place, qu’une femme qui découvre l’étendue de son propre pouvoir. 

Wright Barker (British Painter, 1864-1941), Public domain, via Wikimedia Commons