Mémoires de Thirgoths : La menace Hykxi – Jo Riley-Black

Aujourd’hui, je viens vous parler d’un roman que j’ai lu dans le cadre de l’opération Masse Critique de Babelio. Le principe est relativement simple: on choisi un ou plusieurs livres dans une liste de titres, un tirage au sort a lieu et si on fait partie des heureux.ses élu.es, on reçoit le livre chez sois en échange d’une critique. Autant dire que j’étais ultra bouillante de participer, d’autant plus que le thème du mois de mars était « mauvais genre ». Je me suis donc lancée avec l’attitude du « alea jacta est » sans trop y croire. Je vous laisse donc imaginer mon air ahuri lorsque j’ai appris que j’allais recevoir le roman de Jo Riley-BlackMémoires de Thirgoths : La menace Hykxi, qui était mon premier choix dans la looooongue liste de romans proposés. J’en profite donc pour remercier babelio et les éditions Faralonn de m’avoir envoyé ce magnifique bouquin, que j’ai dévoré avec passion. 

Éditeur : Faralonn
Publication : 2020
Genre : Thriller, science-fiction
Nombre de pages : 322

Alors qu'elle mène une vie paisible au cœur de Londres, Jenny voit son monde chamboulé lorsqu'une explosion retentit et que les seuls capables de l'entendre ne sont autres qu'elle et son colocataire Jack. Soudain, le monde tel qu'elle l'envisageait jusque là, n'est plus. Jack, qui se révèle bien différent de celui qu'il prétendait être, va alors la propulser dans un univers où les humains sont loin d'être les seuls maîtres sur Terre. C'est alors que les révélations concernant sa vraie nature de Thirgoth vont l'amener à croiser le chemin de leurs ennemis, dont la sanglante révolte ne fait que commencer. Entre découverte de ses dons et affrontements, quel rôle Jenny va-t-elle pouvoir jouer dans la lutte entre Thirgoths et Hykxis ?

Lorsque j’ai posé les yeux sur « Les mémoires de Thirgoths », j’ai tout de suite su qu’il allait me plaire. Friande d’urban fantasy, de mondes secrets et de magie, j’ai été très rapidement enthousiasmée par le mystère que représentaient ces fameux Thirgoth et Hykxis (ouille, ma dyslexie). S’il y a une chose que j’aime par dessus tout, c’est de découvrir un nouvel univers et de m’y évader et je dois dire que j’ai été servie!

L’univers du roman m’a directement séduite, il répond aux codes de l’urban fantasy sans en devenir le cliché. Ma première surprise a été de découvrir notre personnage principal : Jenny qui est bien loin des héroïnes qu’on a l’habitude de rencontrer. C’est une jeune adulte anxieuse, renfermée, socialement inadaptée (serait-ce une héroïne avec TSA?) et qui vide les verres de scotch plus vite que son ombre. Elle est décrite comme peu sûre d’elle, complexée par son apparence et ses capacités physiques. J’ai par ailleurs réellement adoré la bienveillance dans le traitement des personnages qui malgré leur caractère bien trempé et leurs défauts, s’entraident et se boostent les uns les autres. Les dialogues et les relations qu’ils entretiennent sont teintées de messages positifs et empouvoirants qui font réellement la différence. En plus d’avoir une histoire bien ficelée avec des personnages profonds (et badass!), de l’action, du mystère et du danger, on a également une véritable ode à l’acceptation de sois et un message d’inclusivité qui transparait tout au long de la lecture. 

Globalement, j’ai trouvé une certaine fraicheur dans la narration, qui multiplie les points de vue. Nous suivons bien l’histoire de Jenny mais pas seulement! Il ne sera pas rare de suivre l’un ou l’autre personnage et d’en savoir un peu plus sur ce qu’il se passe dans leur tête. Dis comme ça, ça pourrait paraître un peu brouillon ou confus mais je n’ai eu aucun problème pour suivre. C’est un élément que j’ai beaucoup apprécié et qui m’a permis de m’attacher à des personnages que je n’aurais peut-être pas autant apprécié en temps normal. J’ai également été surprise par les ellipses, je m’étais attendue à vivre certains moments de la vie de Jenny à ses côtés car c’est ce à quoi j’ai été habituée, mais l’autrice en a décidé autrement! Sur le coup, j’étais légèrement frustrée mais ce fût de courte durée car l’histoire m’a vite rattrapée. 

D’autres éléments m’ont par contre réellement frustrée, le premier étant le mystère qui plane autour des Hykxis. On ne connait pas grand choses d’eux, mis à part qu’ils sont cruels, rebelles et adorent tuer des humains. Durant la lecture, mon petit doigt m’a donc soufflé ceci : « Tu ne trouves pas ça étrange de ne pas en apprendre plus sur eux? Ce serait une bonne idée de développer ça dans un second tome… ». J’ai très vite compris que je n’allais pas avoir le fin mot de l’histoire au bout de ce premier tome, parce que oui, il y en aura un second (mon petit doigt ne me trahi jamais). J’ai assez naturellement découvert une grosse partie de l’intrigue mais ça ne m’a pas gâché le plaisir de la lecture pour autant. Vous comprenez bien que la « frustration » que j’ai ressentie est uniquement due à mon impatience et au fait que j’ai véritablement accroché au roman. C’est un véritable supplice de devoir attendre la suite et je trépigne déjà!

L’anneau de Claddagh – Béatrice Nicodème

Dans ma quête de de livres pour l’Astro Book Challenge, je me suis retrouvée devant cette magnifique couverture de livre. Je sais, on ne juge pas un livre par sa couverture toussa, mais ne mentons pas, les beaux livres font toujours plus rêver que les autres. Ce livre entre donc dans la catégorie « Le trèfle à quatre feuilles » du menu « Les signes du destin » et correspond aux thèmes : Irlande, romance, mer et historique. C’est ainsi que j’ai sans le vouloir, lu une histoire d’amour le jour de la St Valentin. 

Tome 1 : Seamróg
Éditeur : Gulf Stream
Publication : 2015
Genre : roman historique, jeunesse, romance
Nombre de pages : 246

Irlande, comté de Galway, 1846.Keira est la fille d'une cuisinière irlandaise, Arthur le fils d'un grand propriétaire anglais. Ils ne devraient pas se rencontrer, et encore moins s'aimer. Mais le destin les réunit, pour très vite les séparer: Keira apprend brutalement qu'Arthur est parti pour New York. Dans un pays ravagé par la famine, Keira peut s'estimer heureuse d'être employée dans une maison où on ne manque de rien. Cependant, le départ d'Arthur est suivi d'autres drames qui bouleversent son existence. Et si une vie meilleure l'attendait, elle aussi, de l'autre côté de l'Atlantique??

En toute honnêteté, je ne pense pas que je me serais lancée dans cette lecture si ce n’était pour l’Astro Book Challenge. Le résumé me laissait doucement perplexe et je ne lis habituellement pas de romances, encore moins lorsqu’elles se déroulent au 19ème siècle. Je pense avoir été traumatisée par Jane Austen (sorry not sorry) et j’ai toujours, irrationnellement, évité les récits se situant au 19ème depuis. J’avais donc beaucoup d’appréhension mais ce n’était au final pas si terrible. L’anneau de Claddagh : Seamróg est le premier tome d’une trilogie plutôt destinée aux adolescent.e.s et sa lecture est bien loin de ce à quoi je m’attendais.

On se situe ici dans un roman aux allures historiques, parlant de la période de la Grande Famine en Irlande et de l’exil vers les Etats-Unis qui en a résulté. J’ai beaucoup apprécié de voir cette dimension historique mélangée avec des éléments de folklore irlandais, chansons en gaelic et d’une pointe de magie, bien que celle-ci soit très peu développée et reste mystérieuse jusqu’à la fin du tome.

Continuer la lecture de L’anneau de Claddagh – Béatrice Nicodème

Moi les hommes, je les déteste – Pauline Harmange

Aujourd’hui je viens vous parler de cette petite pépite que je viens de terminer : Moi les hommes, je les déteste de Pauline Harmange. Je n’avais pas prévu de le lire dans le cadre de l’Astro Book Challenge à la base mais je trouve qu’il a parfaitement sa place dans la catégorie « le chaudron de la sorcière » du menu « la magie des plantes » pour les thèmes : féminisme et autrice.

Éditeur : Seuil
Publication : 2020
Genre : essai, féministe, militant, développement personnel
Nombre de pages : 90

" Je vois dans la misandrie une porte de sortie. Une manière d'exister en dehors du passage clouté, une manière de dire non à chaque respiration. Détester les hommes, en tant que groupe social et souvent en tant qu'individus aussi, m'apporte beaucoup de joie – et pas seulement parce que je suis une vieille sorcière folle à chats. Si on devenait toutes misandres, on pourrait former une grande et belle sarabande. On se rendrait compte (et ce serait peut-être un peu douloureux au début) qu'on n'a vraiment pas besoin des hommes. On pourrait, je crois, libérer un pouvoir insoupçonné : celui, en planant très loin au-dessus du regard des hommes et des exigences masculines, de nous révéler à nous-mêmes. "

Avec Moi les hommes, je les déteste, je me lance pour la première fois dans la lecture d’un essai féministe. Je sors donc complètement des sentiers battus et je vous dévoile la face militante de ma personnalité. Dévoreuse de livres, sorcière et féministe! Cela vous surprend il vraiment? 

Pour la petite histoire, cet essais a été publié cet été pour être assez rapidement menacé d’interdiction (article à ce sujet ici). Suite à son succès et les ruptures de stock, il a finalement été réédité par les éditions Seuil et vous pouvez à nouveau le trouver en librairie. Il y a également pas mal de soucis sur les réseaux sociaux, les nombreux comptes féministes qui en parlaient voyaient en effet leurs publications se faire supprimer pour non respect des règles (article ici). Alors oui, le titre est choquant mais je pense qu’avant de crier au scandale, la moindre des choses serait peut-être de lire le livre. Je doute que la majorité des personnes scandalisées (je vous laisse deviner à quel groupe elles appartiennent) aient pris le temps de le faire et c’est bien dommage.

J’étais très intriguée par ce livre, j’avais un peu peur de me retrouver dés les premières ligne avec une explication bancale telle que : « Alors non, je ne déteste pas les hommes MAIS » et de m’être fait avoir. Mais j’ai très vite été rassurée car l’autrice y développe bel et bien son point de vue, propose une définition et une réflexion sur la misandrie. Pour moi, le véritable point fort est que cet ouvrage est accessible à tous. L’écriture n’est pas prétentieuse et ne s’encombre pas de termes qui pourraient « perdre » les personnes qui n’ont jamais été confrontées au milieu militant. C’est également un tout petit essai, il fait 90 pages et se lit en l’espace d’une heure. Aucune excuse donc pour ne pas le lire et le partager à toutes les personnes de votre entourage. Si on est déjà plongé.e dans le milieu, il est vrai qu’on apprendra pas grand chose de nouveau, par contre, on aura quelques cordes en plus à notre arc pour discuter du sujet, ce qui est tout de même précieux.

Dés les premières phrases, je me suis directement retrouvée à hocher la tête à chaque phrase, rire aux éclats ou étouffer un ricanement pour ne pas me faire regarder de travers par mes collègues. Les idées sont claires et exposées avec finesse tandis que les arguments sont bien développés et sourcés. L’autrice donne énormément d’exemples, parfois graves avec une point de sarcasme et d’humour, rendant la lecteur très agréable. Je m’y suis énormément retrouvée et ça m’a aidée à mieux identifier et comprendre certains événements et cas de figure qui me dérangeaient sans trop savoir expliquer pourquoi. C’est, à mon sens un livre à mettre entre toutes les mains car il permet d’ouvrir la parole et de déconstruire efficacement le sexisme. On y ressent le côté exutoire et la colère de l’autrice sans n’y ressentir aucune violence et, en tant que femme, ça m’a permis de déculpabiliser sur de nombreux points. Bref, ce n’est pas non plus un essai parfait (qui l’est?) mais j’ai eu un gros coup de cœur et je valide à 100%.

Pour aller plus loin

  • Le blog de Pauline Harmange : https://uninvincibleete.com
  • CANAL, Maria N. « Colette Pipon : Et on tuera tous les affreux. Le féminisme au risque de la misandrie (1970-1980) [1] », Nouvelles Questions Féministes, vol. vol. 36, no. 1, 2017, pp. 122-125.
  • GROULT Benoîte. in MONTREYNAUD Florence, Le Féminisme n’a jamais tué personne, Québec, Les grandes conférences, 2004, p. 11.
  • JACQUEMART, Alban. « Les hommes dans les mouvements féministes. Sociohistoire d’un engagement improbable », Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015, coll. « Archives du féminisme », 326 p.
  • KAUFER, Irène. « Haine des hommes », La Revue Nouvelle, vol. 5, no. 5, 2020, pp. 49-53.
  • PIPON, Colette. « Et on tuera tous les affreux. Le féminisme au risque de la misandrie (1970-1980) », Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Mnémosyne », 2013, 239 p.
  • PIPON Colette. « Alban Jacquemart, Les hommes dans les mouvements féministes. Sociohistoire d’un engagement improbable », Clio. Femmes, Genre, Histoire [En ligne], 42 | 2015, 42 | 2015, 316-316.

Witch Please – Jack Parker

Voici l’arrivée du premier livre « witchy » sur ce blog! Lorsque que j’ai vu que Taous Merakchi (alias Jack Parker) avait sortit un grimoire de sorcière moderne : Witch Please, j’ai n’ai pu résister très longtemps. J’ai fini par acheter la version poche, plus en adéquation avec mon petit budget mais je bave toujours devant l’édition de Pygmalion qui est juste magnifique.  Les illustrations qu’on retrouve à l’intérieur et en couverture du bouquin sont de Diglee, allez checker son insta de temps en temps, elle fait des choses fantastiques. J’ai donc lié la lecture de cette petite pépite avec mon Astro Book Challenge (vous l’aviez vu venir hein), il vient valider la catégorie « Né.e sous une bonne étoile » du menu « Les signes du destin » pour les thèmes : spiritualité et développement personnel. 

Éditeur : Pygmalion
Publication : 2019
Genre : ésotérisme, spiritualité, développement personnel
Nombre de pages : 254

Un nouveau mouvement est en pleine expansion : celui de la sorcellerie moderne. Celle qui s'adapte au monde dans lequel nous vivons, aux changements de la société, des mentalités, aux nouvelles générations qui sont en train, doucement mais sûrement, de modifier complètement la face du monde. La sorcellerie est un moyen de rendre sa vie plus chouette, de reprendre le pouvoir, d'agir sur tout un tas de choses. Pourquoi ça ne devrait être réservé qu'à une élite ? Cet ouvrage est un point de départ. Je vais vous donner des clés, des pistes, des idées et ce sera à vous d'en faire ce que vous voudrez pour adapter votre pratique à votre personnalité.

Vous aviez peut-être déjà croisé « Jack Parker » au détour d’un article de Madmoizelle ou via la newsletter « Witch, please » qu’elle postait il y a de ça quelques années. Vous vous doutez bien que c’est via ces newsletter que j’ai connu Taous Merakchi et sa manière si caractéristique de partager son art. Comme indiqué sur la couverture, ce n’est pas vraiment un roman mais bien un grimoire de sorcellerie moderne que nous propose l’autrice. Ça faisait longtemps que je ne l’avais plus lue et j’ai redécouvert son style avec bonheur, ce n’est pas le genre de manuel dans lequel on s’attarde sur des manières et les choses sont dites telles qu’elles sont et avec humour. 

Ce qui m’a le plus amusée dans cet ouvrage ce sont les similitudes que je partage avec Taous dans mon approche de la sorcellerie. Elle y donne les clefs et astuces pour se lancer tout en encourageant chaque personne à définir son propre style, ce que je trouve vraiment important. Le ton y est bienveillant et dénué de jugement tandis que les conseils, recettes et autres données utiles raviront les witch débutant.es. Vous y trouverez par exemple des tables de correspondance, la description modernisée des sabbats et des idées pour créer votre grimoire.

Personnellement, je l’utilise comme aide-mémoire, un peu comme un outil même lorsque je veux vérifier quelque chose mais j’y ai également découvert des pratiques que je n’avais pas envisagées ainsi que des chemins que je n’avais jamais osé emprunter. 

En définitive, si la sorcellerie vous intrigue ou que vous vous considérez un tant soit peu witchy, ce livre sera une précieuse addition à votre bibliothèque!