Automne – Jan Henrik Nielsen

Le PAC arrivant tout doucement à sa fin, je tente un sprint final pour lire un maximum des livres de ma pàl. J’ai donc choisi Automne de Jan Henrik Nielsen pour valider le menu « Automne des Enchanteresses » et la sous-catégorie « Nausicaä de la vallée du vent« . Il correspond aux mots-clefs : écologie, nature et post-apocalyptique. Pour l’anecdote, j’essaie chaque année de trouver un livre avec « automne » ou « halloween » dans le titre pour ce challenge, j’étais donc très contente d’en trouver un qui collait autant aux mots-clefs proposés. 

Éditeur : Albin Michel Jeunesse
Publication originale : 2013
Genre : Science-fiction, dystopie, roman jeunesse
Nombre de pages : 336

Cette île pourrait être n'importe quelle île. Ces deux sœurs pourraient être n'importe quelles sœurs. Cette terre qu'une grande catastrophe écologique a ravagée pourrait être la nôtre. L'eau est devenue rare, le soleil brûle la peau, la végétation se meurt. Terrées dans un bunker depuis six ans, Nanna et sa petite sœur Fride observent le monde à travers un périscope, à la fois fascinées et inquiètes. Forcées de sortir au-dehors, elles découvrent qu'au cœur de ce paysage désolé, les gens sont prêts à les aider. Alors Fride et Nanna avancent au sein de l'automne, blotties dans une joie surprenante, découvrant un monde qu'elles croyaient hostile à jamais...

En guise de préambule, je tenais à préciser que ce livre était avant tout destiné à un public jeune et que cela se ressent à travers l’écriture. Les personnages principaux sont donc, sans surprise, des enfants. J’avoue avoir eu assez peur de me lancer dans cette lecture, qui traite d’un monde détruit suite à un virus mortel. En lisant quelques avis, je me suis dis qu’une dose d’espoir et d’innocence pourrait me faire le plus grand bien. Nous retrouvons donc deux sœurs de six et douze ans et leur père, terrés dans un bunker depuis plusieurs années. Ils observent l’extérieur afin de voir si la nature reprend vie suite à une catastrophe qui a éliminé près de la majorité de la population et des ressources. La nature est ainsi plongée dans une sorte d’automne éternel, où rien ne pousse jamais. Vous vous doutez bien que nos personnages finiront par sortir de leur bunker… mais à quel prix? 

C’est à travers les yeux des enfants que nous allons découvrir un monde post-apocalyptique,  l’une se souvient de sa vie d’avant tandis que l’autre est en éternel émerveillement devant toutes ces choses dont elle avait entendu parler. C’est un récit à la fois poétique, palpitant, plein d’espoir et de douceur. Fride et Nanna ont une mission à mener et ce n’est pas la plus simple, elles ne savent rien de ce qu’est devenu le monde et des dangers qu’elles encourent à le parcourir. Pourtant, elles y vont, le cœur vaillant et avec un courage sans failles, allant de surprise en surprise. Contrairement à la majorité des récits post-apocalyptiques, on découvre ici une facette plus positive de l’être humain, ce qui est très rafraichissant. 

Circé – Madeline Miller

Je continue mon voyage littéraire dans le monde du Pumpkin Autumn Challenge avec Circé de Madeline Miller. Il valide le menu « Automne Douceur de vivre » et la sous-catégorie « A window to the past » et correspond aux mots-clefs sorcière et magie. Avis aux amateurs de mythologie grecque, je conseille d’ailleurs à toute personne de se faire un petit bagage mythologique avant de se lancer dans la lecture car je pense qu’on peut vite s’y perdre. 

Éditeur : Pocket
Publication originale : 2018
Genre : Fiction historique, mythologie
Nombre de pages : 576

Fruit des amours d'un dieu et d'une mortelle, Circé la nymphe grandit parmi les divinités de l'Olympe. Mais son caractère étonne. Détonne. On la dit sorcière, parce qu'elle aime changer les choses. Plus humaine que céleste, parce qu'elle est sensible. En l'exilant sur une île déserte, comme le fut jadis Prométhée pour avoir trop aimé les hommes, ses pairs ne lui ont-ils pas plutôt rendu service ? Là, l'immortelle peut choisir qui elle est. Demi-déesse, certes, mais femme avant tout. Puissante, libre, amoureuse...

Étant enfant, je nourrissais une certaine passion pour la mythologie grecque. J’étais fascinée par les histoires des dieux, les genèses, mythes et autres récits légendaires. Je ne m’y étais plus aventurée depuis de nombreuses années et la perspective de m’y replonger me réjouissait d’avance. J’avais bien évidemment déjà entendu parler de Circé, la première sorcière qui est souvent représentée dans l’Histoire de l’Art. On la retrouve souvent en tant que tentatrice jalouse et séduisante et la chose qu’on connait le mieux à son propos c’est qu’elle transforme les hommes en porcs. Circé a donc très mauvaise réputation, c’est une sorcière, elle déteste les hommes, les tente et les puni sévèrement.

Ce que j’ai trouvé intéressant dans le roman, c’est qu’il retrace toute l’existence de Circé et c’est son point de vue qui est retranscrit. Elle n’est plus relayée au second plan ou croisée au détour de la quête d’un héros. Les rôles s’inversent et elle devient l’héroïne de sa propre histoire, relayant les héros (Jason, Ulysse, Dédale,…) dont on a l’habitude au second plan. Cette une facette complètement différente de Circé, débarrassée des codes sociétaux et des visions puritanistes qui nous est présentée. Les jugements moraux et étiquettes péjoratives qui lui collaient aux semelles tombent les unes après les autres dans une réécriture plus féministe. Circé est une figure marginale, qui déjà à l’Antiquité, ne rentre pas dans les cases et ne se conforme pas aux règles de bienséances. Son parcours, tel que décrit a pas mal résonné en moi car il est similaire à tout ceux des figures féminines fortes à travers les âges, souvent diabolisées et / ou perçues comme des objets de désirs. De nos jours encore, rien ne semble plus effrayer le système en place, qu’une femme qui découvre l’étendue de son propre pouvoir. 

Wright Barker (British Painter, 1864-1941), Public domain, via Wikimedia Commons

Tirage de runes : quid covid?

Comme toute sorcière qui se respecte, j’ai cherché bien longtemps le moyen divinatoire qui me convenait le mieux. Mon choix s’est assez rapidement porté sur les runes car j’ai tout simplement une meilleure affinité avec les pierres qu’avec les cartes et que les possibilités me semblaient plus terre à terre et bienveillante que dans d’autres moyens divinatoires. Je perçois l’utilisation des runes comme un moyen d’introspection plus que comme un moyen de lire l’avenir. On pose une question et les runes nous présentent des chemins possibles et nous poussent à s’interroger sur ce que l’on veut vraiment. 

Ça fait maintenant plus d’un an que j’ai commencé à lire les runes et c’est une sacrée aventure. Mes débuts étaient maladroits et j’ai encore pas mal de chemin à parcourir avant de me considérer satisfaite. MAIS je commence enfin à prendre un peu confiance et je me sens assez (oserais-je le dire?) compétente pour partager un tirage avec vous. 

Pour commencer, j’ai demandé aux runes des conseils relatifs à notre bien-être en cette période de pandémie. J’espère que cela pourra vous apporter un peu d’aide et de guidance et surtout à déterminer les priorités en cette période complexe.

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En cette période d’incertitude, les runes sont unanimes. Elles nous conseillent avant tout de s’occuper de nous et d’être indulgents envers nous-même. Gebo nous rappelle de ne pas exiger trop de sois et que si la volonté d’aider et de donner aux autres est primordiale, le don passe avant tout par le bien-être personnel.

La période que nous vivons actuellement éveille en nous des sentiments contradictoires ; nous sommes impatients et impétueux. Nous courrons pour atteindre des objectifs qui ne peuvent être atteints actuellement. Cela créé en nous de l’inquiétude qui nous pousse à accepter des situations qui nous mettent à mal. Ehwaz nous met en garde contre cette course que nous menons et nous conseille de ralentir. Il est important de relâcher la tension et de rester patient. La réussite et le bien-être passent aussi par la maîtrise de sois.

Enfin, Naudhiz nous annonce que les contraintes ne sont pas prêtes de s’arrêter. Il y aura d’autres embuches et frustrations dans les jours et semaines à venir mais il ne tient qu’à nous de tirer le maximum de la situation en s’adaptant et en trouvant le juste milieu. Nous devons apprendre à rester nous même et ne pas choisir les options de facilité. Il est important de se ménager et de prendre le temps de réfléchir mais aussi de faire preuve d’indulgence envers les autres.

L’Illusion – Maxime Chattam

Le Pumpkin Autumn Challenge étant bien entamé, c’est avec une pointe d’amusement que je termine L’illusion de Maxime Chattam. Il vient valider la catégorie « Je suis médée, vieux crocodile! » du menu Automne frissonnant et correspond aux thèmes : trahison, thriller, horreur et épouvante. 

Éditeur : Albin Michel
Publication originale : 2020
Genre : Thriller, suspense, horreur
Nombre de pages : 464

Bienvenue à Val Quarios, petite station de ski familiale qui ferme ses portes l'été. Ne reste alors qu'une douzaine de saisonniers au milieu de bâtiments déserts. Hugo vient à peine d'arriver, mais, déjà, quelque chose l'inquiète. Ce sentiment d'être épié, ces "visions" qui le hantent, cette disparition soudaine... Quels secrets terrifiants se cachent derrière ces murs ? Hugo va devoir affronter ses peurs et ses cauchemars jusqu'à douter de sa raison... 
Bienvenue à Val Quarios, une "jolie petite station familiale" où la mort rôde avec la gourmandise d'une tempête d'été.

Pour commencer, je dirai que le roman porte très bien son titre et que je suis tombée dans le panneau! Dès le début, on se fait mener en bateau et trimballer par l’auteur sans ne rien pouvoir y faire. J’ai été complètement happée et obnubilée par l’histoire de Lucien Strada et de la station de ski mystérieuse qui semble avoir son lot de disparitions.

J’ai lu beaucoup de critiques quant au rythme du livre et il est vrai que la narration est relativement lente au début pour s’accélérer de plus en plus mais elle fait sens. L’intrigue est bien ficelée et plusieurs indices (certains révélés à la fin) mettent la puce à l’oreille sur ce qui se trame réellement à Val Quarios. Je n’ai pas été entièrement surprise car le titre en lui-même est évocateur mais je ne m’attendais tout de même pas à ça. Je trouve que l’ensemble est un peu tiré par les cheveux mais au final, pourquoi pas? L’ambiance présente pendant la lecture est anxiogène alors qu’il ne se passe parfois pas grand chose. Le côté étouffant du huis-clos est plus que réussi, que le personnage se trouve à l’intérieur ou à l’extérieur de la station et cela est la véritable force du récit. On doute, on émet des suppositions et on joue le jeu du détective avec Hugo. Comme lui, on sombre petit à petit dans la paranoïa en quête de la vérité. C’est un talent que de faire ressentir autant d’émotions durant une lecture et j’ai eu mon lot de frayeurs souhaitant à la fois me cacher les yeux et avide de découvrir le fin mot de l’histoire.

Le seul bémol pour moi était que les personnages étaient au final très peu attachants car on ne sait presque rien d’eux. Quand on y pense, c’est assez logique et accentuait la part de mystère en renforçant les suspicions sur chacun mais cela est assez dommage dans le cas du personnage principal pour qui je n’ai ressenti aucune émotion. La question que je me pose est la suivante : serait-ce voulu? Est-ce là une partie de l’illusion?