Astro Book Challenge – Un avenir incertain

Le Meilleur des Mondes – Aldous Huxley

What a brave new world! Il était temps que je découvre ce classique et son univers, j’en avais évidemment beaucoup entendu parler mais je n’étais pas plus inspirée que ça. Ce qui me titillait, c’était la façon dont les personnes autour de moi le décrivaient, toutes de manières très différentes! Je vais maintenant ajouter ma pierre à l’édifice en partageant mon humble avis et surtout mes ressentis de lecture.

Éditeur : Pocket
Publication originale : 1932
Genre : Science-Fiction
Nombre de pages : 320

Voici près d'un siècle, dans d'étourdissantes visions, Aldous Huxley imagine une civilisation future jusque dans ses rouages les plus surprenants : un État Mondial, parfaitement hiérarchisé, a cantonné les derniers humains " sauvages " dans des réserves. La culture in vitro des fœtus a engendré le règne des " Alphas ", génétiquement déterminés à être l'élite dirigeante. Les castes inférieures, elles, sont conditionnées pour se satisfaire pleinement de leur sort. Dans cette société où le bonheur est loi, famille, monogamie, sentiments sont bannis. Le meilleur des mondes est possible. Aujourd'hui, il nous paraît même familier...

Il est très difficile de parler d’une œuvre telle que celle-ci mais je vais tout de même essayer. Lorsque je me suis lancée dans la lecture, tout ce que j’en savais c’est que de nombreuses personnes me l’avaient présenté comme une utopie. Alors oui, c’en est une MAIS je n’aimerais clairement pas vivre dans ce monde (quoi que, j’aimerais surement si j’y étais… l’angoisse!). Cela va sans dire, j’étais très très mal à l’aise durant ma lecture et je pense que c’est un peu le but. Cet état où tout le monde « est heureux » m’a glacée d’effroi et mon sentiment n’a fait que s’accentuer au fil des pages. Si je devais résumer l’histoire, je dirais que : « Il n’y a rien qui va mais tout va très bien! » (Est-ce que j’ai chantonné plusieurs fois Tout va très bien Madame la Marquise de Paul Misraki? Oui. C’est sûr qu’eux ont eu leur dose de soma!).

Ce qui est cocasse dans tout cela, c’est qu’à ce sentiment de malaise se sont superposés la curiosité et l’intérêt. Parce que voilà, c’est qu’il fait réfléchir ce livre, on finit par se demander si ce ne serait pas plus facile de vivre ainsi au final? Puis on se met une bonne baffe (mentale) et on réalise ce qu’on vient de penser. Il y a plusieurs choses qui m’ont même fait dire « mais c’est génial cette technologie! », le cinéma sentant par exemple et plus fou encore, le cas des bébés qu’on peut carrément faire pousser et multiplier dans un laboratoire, hors des utérus. Ce serait tellement libérateur pour les parents en plus d’être inclusif. Tout le questionnement autour du bonheur m’a bouleversée, moi qui me sens tellement en marge de la société et qui peine à m’y intégrer. En tout cas, la solution offerte par le livre ne me plait pas du tout et j’ai carrément frissonné à l’idée qu’on aurait pu me conditionner à ne pas aimer les livres (avouez, vous aussi!)

Pour ce qui est du reste, je l’ai trouvé horrifique, surtout le soma et les « réserves de sauvages » . Je n’ai pas compris pourquoi les « sauvages » en question étaient décrits comme des natifs d’Amérique, je pensais sincèrement que ce seraient des personnes vivant comme les lecteurs de l’époque (du coup une société « sauvage » des années 30 où d’un futur supposé) ce qui aurait ajouté à l’absurde de la situation tout en taclant la société en passant. J’ai bien compris que le roman prenait un air de satire et je suppose par conséquent que c’est une dénonciation des réserves qui existent encore de nos jours et de la « distribution » des terres qui était encore en cours au moment de la rédaction du livre. Je pense cependant que ce n’était pas nécessaire de les faire passer pour des ignares crasseux, j’aurais préféré que ce soit fait autrement. J’en profite pour parler rapidement de l’adjectif « pneumatique » utilisé à tire larigot qui m’a fait grincer les dents à chaque fois. Il faut dire les choses comme elles sont, ce futur a été créé par un vieil homme cishet blanc: béék (et ça rend le côté anticipation encore plus atroce!) . Je ne vais pas mentir, c’est avec un grand soulagement que j’ai vu l’histoire (et mon malaise) se terminer.

Publié par

Cassy Own

Créatrice de l'Antre de la Green Witch, je suis une mangeuse de livres le jour, sorcière la nuit et couteau suisse au quotidien. J'ai rassemblé mes passions en un seul endroit pour les partager et échanger un petit bout de ma magie avec le monde (et l'univers!).

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