BSC : Bilan des lectures d’Avril

Dans la forêt – Jean Hegland

J’avais repéré ce livre dans les rayonnages des libraires et il m’avait interpellée pour plusieurs raisons. Son titre et sa thématique en particulier, m’ont rendue très curieuse et je pensais sincèrement que j’allais l’adorer. C’est un livre qui a été rédigé dans le début des années 90 par son autrice et qui s’est vu refuser avant de « déclencher une véritable onde de choc » lors de sa publication, d’après ce que j’ai peu en lire. Ça rend curieux ce genre de chose! En plus, je n’ai lu que des éloges à son sujet, j’ai même vu qu’il y avait une adaptation cinématographique (Into the Forest de Patricia Rozema, 2015) avec Elliot Page et Evan Rachel Wood. Vous vous en doutez certainement en me lisant, je n’ai pas aimé. Du moins, j’ai aimé le premier tier, détesté le second et j’étais tout simplement trop énervée pour être réceptive au dernier. J’ai donc beaaaaucoup de choses à dire et je vais tenter de le faire sans rien divulgâcher.

Éditeur : Gallmeister
Publication originale : 1996
Genre : Anticipation
Nombre de pages : 320

Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’électricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses.

« Dans la forêt », rien que son titre me plaisait et sa quatrième de couverture laissait présager une histoire qui allait forcément me plaire. Je l’ai d’ailleurs fortement apprécié… Jusqu’à un certain point. Le premier tier de l’histoire m’a vraiment parlé malgré la lenteur dans le rythme. J’ai trouvé intéressant de suivre les personnages et de constater les changements (matériels, sociaux,…) issus de l’effondrement de la société telle qu’ils la connaissaient jusque-là. Souvent, lorsqu’on est face à un roman d’anticipation et à des sujets apocalyptiques, il est question de soudaineté et de (beaucoup) violence. De manière générale, lorsque la fin du monde arrive, on tape des zombies, on meurt d’un virus foudroyant ou on se fait tout bonnement atomiser par une bombe ou un météore mais ici, il n’en est rien. J’ai été séduite par cette vision et je l’ai d’ailleurs trouvée très vraisemblable, ça ne m’étonnerait pas que le déclin du monde civilisé se passe de cette manière en tout cas.

Et là, ça bloque. Je me demande pourquoi nos personnages s’entêtent autant à vouloir continuer à vivre « comme avant », est-ce du déni? Au début, ça y ressemble et puis ça devient franchement inquiétant. Pour planter un peu le décor, nos deux adolescentes ont vécu toute leur vie un peu en marge du monde, dans leurs maisons entourées d’une forêt mais elles ne réalisent qu’après presque 1 an et demi de galère qu’elles peuvent aller y cueillir des choses. L’une d’entre elle a pourtant toujours la tête fourrée dans les encyclopédies mais jamais il ne lui viendrait à l’esprit de regarder dans les autres livres, sur le jardinage et les plantes par exemples? L’explication derrière cette méconnaissance de la forêt, c’est que leur maman en avait peur (braves petites filles obéissantes, va!), là encore je répète qu’ils vivent dans la forêt. Pour moi, ça n’a vraiment aucun sens que des personnes ayant choisi de s’isoler des villes pour se rapprocher de la nature soient aussi peu dégourdis. Seul le papa semblait savoir ce qu’il faisait mais il n’a jamais pensé à transmettre quoi que ce soit à ses filles (qui étaient scolarisées à la maison hein), bizarre.

Bon, tout cela est très étrange mais je décide de jouer le jeu et je calme un petit peu mon agacement. Quand soudain, c’est le drame. Je ne veux gâcher la lecture à personne donc je dirai juste qu’il arrive quelque chose de grave à l’une des deux sœurs et que j’ai tout simplement failli arrête ma lecture à partir de ce moment-là. J’ai trouvé que c’était gratuit et vulgaire, c’est vraiment le genre de chose qui m’énerve tant c’est banal dans la fiction. De plus, les conséquences de cet événement sont illogiques et rendent l’histoire d’autant plus inconsistante. Pour celleux qui ont lu uniquement (ça spoile!) : utiliser le viol pour marquer une transformation et montrer à quel point c’est dangereux dehors pour les femmes c’est juste NON. L’utiliser pour que ce soit un événement traumatisant qui rendre le personnage plus fort par la suite, c’est encore pire! Il y a tellement d’autres alternatives, j’en ai juste marre de ce genre d’intrigue et je suis à nouveau fâchée rien que d’y repenser! Mais alors le fait qu’Eva tombe enceinte suite à son viol (elle est décrite tout du long comme anorexique, affaiblie et avec un cycle irrégulier voire inexistant mais par contre elle tombe enceinte du premier coup, super!🤡) et qu’un des facteurs de la guérison de son trauma soit de faire l’amour à sa sœur, là franchement on m’a perdue pour toujours. À partir de ce moment-là, ça n’a été qu’une succession de déceptions et d’énervements pour moi, je veux bien que le bouquin a été écrit dans les années 90 mais franchement c’est ultra perché. On est passé de jeunes filles paumées qui ne savent pas qu’elles peuvent infuser de la menthe à un délire survivaliste de l’extrême et de femmes-ourse fortes et indépendantes en l’espace de quelques pages, j’ai halluciné. J’aime l’idée d’un retour à la nature mais celui auquel j’ai assisté ici m’est vraiment passé au-dessus de la tête!

Moi VS la critique

Publié par

Cassy Own

Créatrice de l'Antre de la Green Witch, je suis une mangeuse de livres le jour, sorcière la nuit et couteau suisse au quotidien. J'ai rassemblé mes passions en un seul endroit pour les partager et échanger un petit bout de ma magie avec le monde (et l'univers!).

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