CWC : Bilan des lectures de Janvier

Cendrillon et moi – Danielle Teller

Pour terminer en beauté le mois de janvier, j’ai décidé de me lancer dans un genre qui ne m’attirait pas forcément à la base. J’aime me challenger et sortir de mes habitudes de temps à autre (càd, de ne pas lire de thriller ou d’horreur) et cette réécriture de conte me semblai parfaitement adaptée. J’étais à la fois sceptique et curieuse de découvrir l’histoire de Cendrillon à travers les yeux de sa belle-mère. Je me suis dis que ce serait un cas de figure « ça passe ou ça casse » mais au final, j’en ressors avec un avis assez positif. Je l’ai assez naturellement placée dans la catégorie « Yule » du menu « Sorcellerie Hivernale » pour les thèmes contes et réécriture de contes.

Éditeur : Denoël
Publication originale : 2019
Genre : Réécriture de conte
Nombre de pages : 400

C'est la marâtre la plus détestée de l'Histoire, celle dont on parle pour faire peur aux enfants désobéissants. Mais qui savait que la belle-mère de Cendrillon s'appelle en réalité Agnès, qu'elle a passé sa jeunesse à trimer comme bonne à tout faire, qu'elle a dû se battre comme une lionne pour accéder à un monde qui n'est pas le sien, que son époux est alcoolique et que sa belle-fille, petite princesse aux petons si délicats, est en réalité fort capricieuse ? Agnès n'en peut plus des sornettes autour des pantoufles, des princes charmants et des citrouilles. Elle est bien décidée à rétablir la vérité, quitte à égratigner quelque peu la version officielle. Une réécriture ingénieuse et jubilatoire du célèbre conte, qui réussit l'exploit de nous faire aimer un personnage détesté.

Autant le dire tout de suite, Cendrillon n’a jamais été mon conte préféré et infamie, je n’ai même pas lu le conte original. Je connaissais cependant certains détails comme celui des pieds coupés pour rentrer dans la pantoufle de vair (soit, de la fourrure de petit gris 🤢) et j’en avais étudié quelques passages à l’école. Pourquoi je vous raconte cela? Eh bien parce qu’Agnès (la belle-mère), notre narratrice compte bien mettre fin à ces stupides sornettes et rétablir la vérité auprès de nous.

Dès le départ, nous apprenons qu’elle et ses filles vivent au château avec Cendrillon (Ella) et que de vilains ragots les concernant se propagent à la cour. Soucieuse de remettre l’église au milieu du village, Agnès nous explique donc les événements qui l’ont menée à devenir la belle-mère de Cendrillon. L’histoire se déroule donc en deux temps, l’une au moment de la narration, suite au mariage d’Ella avec le Prince et l’autre sous forme de flashback, retraçant la vie d’Agnès depuis son enfance.

Ce que j’ai le plus apprécié dans tout cela, c’est de sortir du cadre habituel de la marâtre cruelle et laide et de l’orpheline martyrisée en haillon qui fini sauvée par un Prince. Franchement, ce genre d’histoire m’exècre et il était plus que temps que quelqu’un (qui plus est, une autrice) brise cette dynamique. La double lecture d’un point de vue féministe est par ailleurs très intéressante. Si vous êtes intéressé.e.s par le sujet et plus globalement par la représentation des femmes dans les mythes, contes et légendes, je vous recommande chaudement de jeter un œil au travail de Blanche Sabbah dans Mythes et Meufs.

C’était vraiment rafraichissant de découvrir les personnages d’Agnès et ses filles Mathilda et Charlotte sous un nouvel angle, plus « historique » et terre à terre. Agnès est débrouillarde, courageuse, intelligente et a bon cœur, contrairement à ce qu’on pourrait croire en visionnant ce que Walt Disney en a fait. Tous les personnages possèdent une dimension nouvelle, propre au rang qu’ils occupent dans la société mais aussi via leur chemin de vie. C’est par exemple le cas de la marraine de Cendrillon, qui n’est pas ici une bonne fée mais l’Abbesse Elfida, opportuniste, rusée et sévère. On en apprend également plus sur les parents de Cendrillon et les véritables liens qui se sont créés entre elle et Agnès, ce qui est souvent laissé de côté dans les contes. Si je n’ai pas dévoré ce livre, je l’ai par contre apprécié. J’ai pris un risque en me lançant mais il a fini par payer, très chouette découverte!

Publié par

Cassy Own

Créatrice de l'Antre de la Green Witch, je suis une mangeuse de livres le jour, sorcière la nuit et couteau suisse au quotidien. J'ai rassemblé mes passions en un seul endroit pour les partager et échanger un petit bout de ma magie avec le monde (et l'univers!).

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